Killer on the road…

Je vous ai toujours pas parlé de Jean Teulé quoi. Limite des fois j’me foutrais des claques. (Bon j’ai une bien trop haute estime de ma personne pour ça mais…) Parce qu’il faut savoir que c’est mon chouchou au milieu de la pléthore d’auteurs français actuels. J’ai toute la collec’ et je ne saurai trop vous recommander à peu près n’importe lequel de ses petits bijoux, mais aujourd’hui on va s’attarder sur le dernier en date : Fleur de tonnerre.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Oubliez Jack The Ripper, Charles Manson et autres tueurs en série psychopathes, le recordman de tous les temps, c’est elle : Hélène Jégado, petite fille d’une Bretagne insensée du 19e siècle, condamnée à mort a Rennes en 1852. Hélène a traversé la Bretagne et a laissé derrière elle près d’une trentaine de morts, hommes, femmes, enfants, tous trompés par sa cuisine fabuleuse et son joli minois.

Fleur de Tonnerre est un roman où la mécanique Teulé fonctionne encore à merveille : un fait historique relativement méconnu et totalement dingue, un mélange de documentation et d’imaginaire, un style rock’n’roll et paf, ça fait des chocapic j’ai envie de dire.

J’ai retrouvé ce que j’avais adoré dans Mangez-le si vous voulez (pareil, à lire), c’est-à-dire une ambiance bien malsaine quasi palpable : à travers l’histoire de la petite Hélène, c’est toute une Bretagne totalement coupée du reste de la France qu’on nous raconte, dans un XIXème siècle qui confine au Moyen-Age, dominé par les croyances, les superstitions, la peur et la boue. Au milieu de ses compatriotes bretons qui lui apprennent à craindre le moindre signe et qui frappent et insultent les Saints dans les églises pour obtenir ce qu’ils veulent, Hélène, pour ne plus avoir peur, va devenir la peur elle-même, ou le fameux Ankou. (qui nous fait beaucoup moins flipper aujourd’hui : mention spéciale à Kaamelott où la Mort bretonne refuse de grimper les escaliers en colimaçon pour aller chercher les cadavres parce que mon dieu c’est trop chiant). Et de ville en ville, elle traverse la Bretagne et empoisonne le moindre être vivant qui croise son chemin. Hélène n’est ni méchante, ni cruelle, mais simplement investie d’une mission, dictée par la folie de son temps.

C’est drôle, décalé, souvent terriblement poétique et bien sûr aussi épouvantable qu’incroyable. On a tellement l’impression d’avoir affaire à un conte qu’on peine à croire qu’il s’agit d’une histoire vraie, romancée, mais vraie. Et c’est, je crois, ce que j’aime le plus chez cet auteur.

 

« Chaque pays à sa folie, la Bretagne les a toutes. » (Jacques Cambry – et la Bretonne qui vous parle acquiesce)

 

Jean Teulé, Fleur de Tonnerre, Pocket. 

Publicités

2 réflexions sur “Killer on the road…

    • Fleur de Tonnerre fait partie des nouveaux bouquins de Teulé assez différent de ce qu’il a pu faire avec le Magasin des Suicides par exemple, mais si tu aimes l’humour sombre de l’auteur ça devrait te plaire, du moins je l’espère. 😉

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s