« L’homme bicolore » qu’ils l’appellent.

En ce moment je trompe régulièrement mes bouquins papiers avec des ebooks, gourgandine que je suis. Aussi quand le Bréviaire des vaincus, blog littéraire remasterisé en éditeur numérique m’a proposé de découvrir Bad Bite de Dimitri Bednarz et son résumé sous LSD, je me suis laissée tenter.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Dans Bad Bite, on a affaire à un type normal, coincé dans un schéma des plus conventionnels : boulot déprimant, mariage en fin de carrière et petite maîtresse affriolante. Histoire de ne pas déroger au modèle du mari infidèle, celui-ci promet toujours à son amante de quitter sa femme sans jamais passer à l’acte, jusqu’au jour où la jeune femme pète un câble et lui tranche le sexe (à des fins purement artistiques, rassurez-vous). Le garçon s’évanouit, pour se réveiller trois jours plus tard et apprendre qu’il est devenu le premier homme à qui on a greffé un nouvel asticot (ou une nouvelle poutre en l’occurrence). L’organe, aussi encombrant qu’étrange va donner une nouvelle impulsion à notre héros et lui offrir l’American dream sur un plateau ainsi qu’un sacré coup de pied aux fesses en prime.

Au début j’ai un peu flippé. Le style, j’ai tout de suite accroché. L’idée aussi. Mais je craignais que l’auteur soit un brin trop complaisant avec son personnage. Et puis le type nous est livré dans toute sa splendeur et sa beauferie (si, ce mot existe) et à partir de ce moment-là, je me suis dit : « Okay. Ça va être très drôle. » Drôle parce que le « héros » quitte sa vie tranquille mais gentiment pathétique pour une véritable foire aux monstres itinérante. A travers les Etats-Unis, notre « Monsieur first-greffe » va côtoyer les médias, l’industrie du porno, la jet-set (Paris Hilton est dans ce bouquin et la libre interprétation de son personnage m’a absolument séduite) et tout ce que ce beau pays a de plus fou à offrir. En devenant une marionnette, en lâchant prise, il va étrangement perdre ses petits préjugés sur les couleurs, les femmes, l’orientation sexuelle… l’esprit, comme le braquemart prennent une taille de plus.

Ce qui m’a plu, aussi, ce sont toutes les références distillées un peu partout dans et hors du texte (tous les chapitres sont introduits par des citations plus ou moins librement rapportées). Ça va de François Ier à cet amour de Christian Troy, en passant par Tupac et Joe Dassin (c’est compatible : les p’tits pains au chocolat-lat-lat-lat down on the west coast).

L’histoire a beau être hallucinante, elle parle de notre époque (des médias, du mélange des genres, des couleurs, des idées…) et j’y suis particulièrement sensible. Après c’est cru (explicit content) alors je déconseille aux non-amateurs/amatrices du genre. Pour les autres, foncez, c’est un bonbon (et en plus soutenir les jeunes maisons d’édition numérique, c’est plutôt chouette).

Merci au Bréviaire des vaincus pour la découverte !

Cet article est tagué « banane » parce que ça me fait marrer. C’est tout.

 

Dimitri Bednarz, Bad Bite, Bréviaire des vaincus. 

 

Publicités

4 réflexions sur “« L’homme bicolore » qu’ils l’appellent.

  1. Bonjour Rose Mary,

    C’est moi qui ai écrit bad bite, il y a plusieurs années maintenant. Je voulais te remercier d’avoir pris le temps de lire et de donner ton avis. Cependant, je dois te dire que tu es une des rares filles à avoir aimé, j’ai remarqué qu’il y avait un gros clivage homme/femme. Les hommes aiment plutôt bien, les femmes sont plutôt agacées, écoeurées par les scènes crues et n’ont aucune sympathie pour le héros, au contraire des mecs. En tout cas, encore merci.

    J'aime

    • Bonjour ! Le bouquin m’a effectivement plu, mais en adepte des écritures trash à la Bret Easton Ellis, mon avis n’est peut être pas très représentatif de l’ensemble de la gent féminine, mais je ne suis sûrement pas la seule. Et de rien.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s