« Ceux de la mer mouraient sans un bruit…

… Nous étions là pour crier à leur place. »

Il n’y a pas de plus belle façon de commencer cette chronique que de citer l’auteure elle-même. Le Règne du vivant est ma troisième lecture #rentréelittéraire en partenariat avec Decitre et EntréeLivre et a été une très jolie surprise. Je dédicace cet article aux baleines du monde entier, que j’aime presque aussi fort que les licornes.

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Magnus Wallace est un militant écologiste au charisme fascinant. Porté par un engagement sans faille, il n’hésite pas à faire bouclier au péril de sa vie entre les baleiniers et leur proies, à bord de l’Arrowhead. Un journaliste norvégien s’engage à ses côtés pour filmer la beauté des océans et l’horreur des carnages et va découvrir aux côtés de cet homme extraordinaire combien il importe de laisser un monde meilleur aux futures générations.

J’étais un peu sceptique avant de l’ouvrir, pas persuadée d’être vraiment emballée par le sujet. Seulement voilà… J’ai découvert la plume d’Alice Ferney. (Elle a écrit un paquet de bouquins, mais je ne connaissais pas pour mon humble part). Et dès les premières pages, on est embarqué dans ce roman qui tient plus du récit mais qui est d’une beauté… Mais d’une beauté ma brave dame. Les descriptions sont tour à tour poétiques, crues, terribles ou sublimes mais l’auteure ne se départit jamais de cette écriture délicate, sans fioritures mais pleine d’élégance : un peu « à l’ancienne » j’ai envie de dire.

Et puis comment rester insensible ? Qu’on soit écolo à fond type toilettes sèches ou qu’on se borne simplement à trier ses déchets et à fermer le robinet pendant qu’on se lave les dents (ça c’est oim !), on ne peut qu’être heurté par l’abomination de la pêche illégale et intensive des baleines, requins et autres créatures géantes qu’on connait si mal. Rien ne nous est épargné (par le prisme de la caméra du journaliste) : cadavres à moitié dépecés rejetés à la mer, animaux torturés, et la mer qui passe du bleu au rouge. Ce qui est tout à fait intéressant au-délà de l’affect, c’est tout l’aspect braconnage, trafic à échelle internationale, arrangements, corruption qui est traité simplement mais efficacement dans le récit.

J’ai été moins convaincue par le choix du narrateur. Le journaliste est là pour filmer, pour montrer au monde certes, mais son regard est à mon sens très peu pertinent. Partagé entre une vague curiosité et une admiration sans borne pour l’équipage et la figure de Magnus Wallace, il n’apporte pas grand chose.

Le Règne du vivant est un récit important, vibrant et c’est un bel hommage au lien qui existe entre l’homme et l’animal et qui a tendance à être trop vite oublié.

 

Alice Ferney, Le Règne du vivant, Actes Sud. 

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2 réflexions sur “« Ceux de la mer mouraient sans un bruit…

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