« I have the field in sight ! »

Je poursuis mon opé #rentréelittéraire avec un nouveau premier roman : Constellation, d’Adrien Bosc. Partout, j’entendais de bonnes critiques à propos de ce bouquin, moi, le résumé ne m’avait guère emballée pour être honnête, et pourtant… Joie de la littérature, c’est quand on s’y attend le moins qu’on tombe sur une vraie bonne histoire. (En d’autres termes, Rosemary, you can go back where you came from.)

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(S’agissant d’une épreuve encore une fois, ceci n’est pas la version définitive, mais je sais pas, j’aime bien vous montrer l’objet que j’ai vraiment lu et tenu entre mes mains.)

27 octobre 1949 : le nouveau joujou d’Air France et d’Howard Hugues, le Constellation accueille trente-sept passagers dans son gros ventre : des gens connus, Marcel Cerdan, Ginette Neveu, des gens moins connus aussi. Tous ont espéré atteindre les Etats-Unis, et tous ont péri dans l’archipel des Açores, après un crash auréolé de mystère. Qui étaient ces personnes, toutes liées dans la tragédie ?

Le gros point fort de ce livre, à mon sens, c’est qu’il est éminemment construit. Pourquoi Constellation ? Le nom de l’avion d’abord, un monstre imaginé par un génie/un fou (rayer la mention inutile), le genre de prouesse technique dont l’homme est plutôt fier. La constellation des âmes vient ensuite, et c’est là que ça devient franchement intéressant et poétique. Le célèbre boxeur, la violoniste mais aussi les bergers basques, les hôtesses de l’air, le pote de Walt Disney… tous plongent vers le même destin funeste et tous y ont été conduits par le plus trivial des hasards : un avion qu’on prend à la place d’un autre. Ils sont liés dans la mort, mais aussi dans la vie : certains se sont croisés, admirés, vus, entendus avant de se retrouver dans le même appareil. Et après la mort, d’autres constellations font surface, avec les étoiles qui sont restées : Edith pleure Marcel, les parents, et une foule d’anonymes pleurent aussi leur morts.

Les motifs, les personnes reviennent au fil des pages et c’est le roman/récit lui-même qui en devient une belle, de constellation. J’ai été littéralement bluffée donc par cette rigueur formelle et par toute la poésie qui en découle, d’autant que l’auteur fait aussi la part belle au processus de recherche, d’écriture : un peu de modernité pour ne rien gâcher.

Et puis voilà, transformer une catastrophe, un événement médiatique en une poignée d’expériences intimes et touchantes est un joli pari je trouve. Et peu importe qu’on se fiche de Cerdan ou de Neveu, je peux vous promettre que Constellation vous donnera envie de connaitre Marcel ou Ginette.

Adrien Bosc, Constellation, Stock. 

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