Forbidden love

« Moi aussi j’ai eu une petite amie bisexuelle ». C’est d’abord le titre qui m’a interpellée quand je suis tombée dessus chez le bouquiniste. Puis est venu le résumé. Puis le blaz du type et là je me suis dit : « Holyshit Rosy, tu n’as p’tête jamais ouvert un seul bouquin argentin, shame on you ! » Après lecture, je me dis que le titre (et ce n’est pas une maladresse de traducteur, il est fidèle à la vo) est un peu faible au regard du joli récit que nous propose l’ami Guillermo.

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Au début des années 2000, un écrivain argentin vient d’être embauché dans l’université de Redground, Georgie, United States of America (ça claque) pour donner des cours d’espagnol à une poignée d’élèves. Le premier jour, il a un coup de foudre immédiat pour l’une de étudiantes, Jenny. Dans cette ville ultra conservatrice plus qu’ailleurs, le genre de relation qu’ils entendent entretenir tous les deux est totalement prohibée. Pourtant, rien ne semble pouvoir empêcher les deux amants de vivre leur passion clandestine.

L’histoire est en soi plutôt banale mais on est tout de suite emporté dans ce roman pour pleins de raisons. D’abord parce que l’auteur a réussi le pari de dépeindre le microcosme du campus de cette zone du sud des Etats-Unis, tellement puritain que le sexe devient paradoxalement omniprésent dans chaque geste, chaque mot, chaque échange… Et si l’on craint de proposer des textes de littérature trop licencieux aux élèves, on reluque sans vergogne les innocentes cheerleaders. Hypocrisie, quand tu nous tiens.

Dans ce contexte, c’est une histoire autrement plus délicate et sensuelle qui nait entre les deux protagonistes, entre l’écrivain en manque d’inspiration et la mystérieuse Jenny, qui à chaque étreinte, révèle un nouveau secret. (SPOIL : D’OU LE TITRE) J’ai été littéralement soufflée par la plume de l’auteur et par la traduction. Tout l’érotisme de ce bouquin réside dans l’allusion, dans le non-dit. Et c’est foutrement caliente.

Et puis le récit prend un tournant inattendu, en même temps que l’Amérique n’entre pas sans violence dans le nouveau millénaire. Je ne sais pas encore quoi penser de l’issue, elle m’a frustrée mais en même temps je n’en imagine pas d’autre…

  Guillermo Martinez, Moi aussi j’ai eu une petite amie bisexuelle, Nil Editions. 

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