L’Amour et les forêts

Je n’ai même pas envie de trouver un autre titre à cet article tant celui-ci est juste et beau. J’ai hésité à ouvrir ce bouquin, parce que j’avais aimé Le système Victoria mais j’avais moins adhéré à l’écriture. Et puis à force d’entendre partout que L’Amour et les forêts était une petite merveille, je me suis lancée. Et mon dieu, cette claque.

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Bénédicte Ombredanne rencontre l’auteur pour lui dire combien elle a aimé son livre, et puis, rapidement, elle se laisse aller a un confidence bouleversante : celle d’une journée, unique, sublime, où osant s’échapper de l’emprise d’un mari tyrannique et violent, elle a connu l’amour dans des bras autrement plus tendres, là-bas, au coeur de la forêt. Un bonheur qui ne durera que quelques heures seulement, avant le retour au cauchemar.

A quoi sert un écrivain au juste ? Et bien à ça. Enfin je trouve. Au-delà du récit terrible de cette existence gâchée, étouffée dans le malheur conjugal, Eric Reinhardt nous parle de l’écrivain, de celui qui écoute, qui sauve un peu avant d’écrire et de raconter. Un rôle magnifique, qui atteint son paroxysme au dernier chapitre. (C’est là que j’ai pleuré. Environ dix minutes sans m’arrêter.)

Ce livre, c’est un portrait de femme magnifique. Une femme blessée, piégée, mais qui parle aussi pour toutes les autres. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi juste, d’aussi vrai à propos des femmes. Sans jamais juger, l’écrivain raconte Bénédicte, qui s’est racontée elle-même en premier, et ses moindres désirs, ses espoirs, ses craintes et son désespoir nous sont livrés sans détour, quand l’horreur de son quotidien est décrit en sourdine, sans que ça n’atténue l’effet produit sur le lecteur – aka moi.

Et cette fois, je n’ai rien trouvé de « trop » dans l’écriture, juste de l’élégance et de la beauté.

« Rien n’est pire que le dur des surfaces planes, que l’obstacle des écrans qui se dressent, sauf si des films y sont projetés. Je préfère le profond, ce qui peut se pénétrer, ce en quoi il est envisageable de s’engloutir, de se dissimuler : l’amour et les forêts, la nuit, l’automne, exactement comme vous. »

C’est à lire. Vraiment.

 

Eric Reinhardt, L’Amour et les forêts, Gallimard. 

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2 réflexions sur “L’Amour et les forêts

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