Last but not least !

Dernière chronique avant le bilan 2014, déjà. Je vous aurais bien parlé déguisements ridicules, gueule de bois et décompte devant Arthur mais le 1er de l’an, au final, j’ai toujours trouvé ça un peu naze. Alors on va plutôt clôturer l’année en beauté avec Plan de table de Maggie Shipstead, une chouette comédie acide sur la haute société américaine.

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Alors que sa fille s’apprête à se marier et que tout le clan Van Meter est en effervescence sur la charmante ile de Waskeke en Nouvelle-Angleterre, Winn n’arrive pas à se mettre dans l’ambiance. C’est peut-être parce que la robe de mariée n’arrivera pas à cacher le ventre déjà honteusement rond de Daphné, peut-être parce que Livia, son autre fille, est encore entichée du rejeton de son vieux rival. Et puis pourquoi est-ce qu’on lui refuse, cette année encore, l’entrée au Pequod, le club select de l’île ? (C’est vrai quoi, c’est injuste.) Entre le homard et les cuisses accueillantes de la jolie demoiselle d’honneur, Winn trouvera t-il un peu de réconfort ?

J’ai d’abord été un peu surprise par le ton, et j’avoue que j’ai eu du mal à entrer dans ce bouquin au début. Je m’attendais à une sorte de pièce de théâtre qui tirerait un peu sur la farce (le mariage, c’est un classique, mais ça fonctionne toujours) mais l’humour dans Plan de table est autrement plus subtil et on a plus affaire à une tranche de vie amère, à un récit plus grinçant que drôle.

Et ça m’a plu après quelques pages ! La plupart du temps, on est dans la tête de Winn, un quinqua formaté comme pas possible par Harvard et l’upper class, soucieux des convenances, d’appartenir aux bons cercles. Un type qu’on pourrait qualifier de parfaitement ennuyeux sans trop prendre de risques. Pourtant le personnage est singulier. Mal à l’aise depuis toujours dans un univers trop féminin, frustré de ne jamais avoir eu d’héritier mâle et incapable de montrer le moindre sentiment, le patriarche est souvent pathétique, mais aussi touchant.

Tout au long du récit, l’auteure nous livre des personnages qui ne sont rien de plus que des produits de leur classe : le mari fatigué tenté par une ultime aventure puérile, l’épouse docile qui ferme les yeux, les filles qui commettent des erreurs mais qui refusent de vivre une existence qui représenterait une réelle transgression… Des personnages enfermés dans un univers microscopique, où chaque famille se compare à l’autre, où les individus n’ont de choix que celui que leur impose leur rang.

C’est bien vu, bien écrit/traduit, et si j’ai pu déplorer quelques longueurs, j’ai été séduite par ce Plan de table oppressant et émouvant à la fois.

 

Maggie Shipstead, Plan de table, 10-18.

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6 réflexions sur “Last but not least !

  1. Il m’avait tenté à sa sortie puis j’avais lu de mauvais avis qui m’avaient dissuadés devant l’ampleur de ma PAL en parallèle… MAis ça y est, il est revenu en haut de ma liste d’envie, tant pis j’ai envie !! Merci pour cet avis !

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