« Car ce sont les lecteurs qui rendent les personnages éternels. »

Allez, je vous parle de ma bonne surprise de ce week-end ! My love m’a conseillé (le couteau sous la gorge, avec option « parents et chat en otage ») de lire Virus L.I.V 3 ou la mort des livres de Christian Grenier, un bouquin SF jeunesse qui lui avait beaucoup plu.

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Paris, fin du XXIe siècle. Dans une société contrôlée par les Lettrés qui vénèrent le livre comme un Dieu et combattent ardemment toute forme de technologie, un terrible virus se propage : les mots s’effacent en même temps qu’ils sont lus et tous les livres se remplissent peu à peu de pages désespérément vides. On soupçonne vite les Zappeurs, ces rebelles des écrans, pirates informatiques en puissance, retranchés dans les banlieues. Toute nouvelle chez les Lettrés, Allis, sourde et muette, est chargée d’infiltrer les Zappeurs et de découvrir l’origine de ce fléau pour y mettre un terme avant que tous les livres ne soient vidés de leur substance.

Ce qui m’a frappé d’abord, c’est la modernité de l’histoire. Le bouquin date quand même d’avant les années 2000 (ah mes chères 90′ vous me manquez parfois) et pourtant il n’a pas vieilli d’un poil. (Utiliser le mot « poil » dans une chronique, ça c’est fait.) Livre papier contre numérique, encyclopédie en dix-huit volumes contre Wikipédia, je crois qu’on peut pas faire plus actuel comme sujet. De plus, l’auteur n’en a pas fait des caisses dans la description de la nouvelle technologie, échappant à la ringardise, mais reste très sobre, de sorte que l’histoire passe toute seule en 2015 et tiendra encore la route un bon moment.

Les plus jeunes aimeront parce que l’histoire est rythmée, avec de l’action, du danger et qu’elle est portée par une plume accessible et sans fioritures. Mais là où plus jeunes et moins jeunes se retrouveront, c’est dans la portée philosophique et la réflexion sur nos rapports à la culture et aux nouvelles technologies. Le propos est-il d’opposer un outil contre un autre ou de se demander comment le plus grand nombre pourrait avoir accès à la connaissance ? Le plus important, c’est le livre ou l’histoire ? Toutes ces questions, l’auteur les traite simplement et admirablement à travers un imaginaire hyper poétique et toute une collection de références de la littérature classique et science-fiction.

Ca fait moins de deux cent pages et c’est vraiment chouette, alors ne passez pas à côté.

 

Christian Grenier, Virus L.I.V 3 ou la mort des livres, Livre de Poche Jeunesse.

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