La théorie de la brindille

Oubliez tout ce que vous savez sur le voyage dans le temps ! J’ai découvert Le voyage de Simon Morley grâce à sa très jolie réédition dans la collection Lunes d’encre, chez Denoël, et j’ai encore tous pleins d’étoiles dans les yeux.

 Simon Morley, New-Yorkais de son état, a un bon coup de crayon mais son job de publicitaire ne le passionne guère. Un étrange personnage va le sortir de sa routine en lui annonçant qu’il a été choisi pour faire partie d’une projet d’Etat hautement confidentiel. Guidé par sa curiosité, Simon se rend dans le bâtiment où l’homme lui a donné rendez-vous et c’est là qu’il fait la rencontre du professeur Danziger, un savant qui a fait une découverte capitale : pour voyager dans le temps, nul besoin de machine, il suffit d’avoir un esprit suffisamment créatif, de se plonger totalement dans une époque et de pratiquer l’auto-hypnôse. L’entreprise parait folle, absurde, et pourtant Simon tente l’expérience et s’immerge mentalement dans le New-York du XIXe siècle. Et un soir de neige, toutes les certitudes du jeune dessinateur vont finalement s’écrouler.

C’est vraiment le traitement plus qu’original du voyage temporel qui m’a donné envie de lire Le voyage de Simon Morley. Pas de Delorean, pas de machine compliquée qui fait du bruit et qui clignote, Simon bascule dans le XIXe siècle à la seule force de sa psyché et de sa volonté. J’ai trouvé le concept tellement poétique, tellement bien pensé, que j’ai été immédiatement emportée dans l’histoire.

Les « voyages » de Simon se concentrent essentiellement sur le XIXe siècle, alors, au début, je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu frustrée : « Mais pourquoi tu ne vas pas jouer à la corde à sauter avec des australopithèques avant de prendre le thé avec Shakespeare ? » Mais la frustration a été de courte durée puisqu’au delà du miracle du voyage dans le temps, le protagoniste va chercher à dénouer une petite intrigue dont sa compagne lui a parlé et dont l’origine remonterait à la fin du XIXe.

Je me suis surprise à réellement apprécier les larges pans contemplatifs du roman : on passe beaucoup de temps auprès de Simon à flâner dans un Manhattan qui n’a plus rien en commun avec les buildings, les taxis et les néons qu’on lui connait bien. A grands renforts de photos d’époques et de dessins habilement intégrés au récit, je me suis retrouvée en totale immersion dans une époque que je connaissais mal et j’ai appris deux ou trois trucs assez hallucinants que je ne vous spoilerai pas par grandeur d’âme.

Le voyage de Simon Morley est vraiment une très belle histoire, originale, pleine de merveilles, qu’on lit comme un touriste enchanté. Pas étonnant que ce soit devenu un vrai classique aux States.

 

Jack Finney, Le voyage de Simon Morley, Denoël. 

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