Guts over fear

Le mois dernier, je découvrais le steampunk tout en douceur avec le très bon roman jeunesse de Sharon Cameron, Darkwind, alors forcément, maintenant on ne m’arrête plus. On m’a offert le premier livre du diptyque Frankia de Jean-Luc Marcastel, mix d’urban fantasy, d’uchronie et de steampunk qui a plutôt bien emballé ma petite personne.

Seconde guerre mondiale : dans une France alternative occupée par une armée terrifiante, mi-humaine, mi-machine et maîtrisant la magie, un jeune garçon, Loïren, et Morkhaï, son frère et ami orc, vivent tant bien que mal dans leur village où l’intolérance est reine. Partout, les elfes sont traqués, et les hommes ne se mêlent guère aux orcs ou aux nains, qu’ils jugent inférieurs. Un soir, Loïren tombe sur une elfe sublime, traquée par une milice sans pitié. Prêts à tout pour protéger celle sur qui repose les espoirs de tout les peuples, les deux amis vont se lancer dans une lutte désespérée contre les chimères monstrueuses du dénommé Von Drakho.

Vous l’aurez compris, Frankia s’inspire étroitement du régime de Vichy et plus largement de l’horreur nazie, en l’adaptant à un univers de fantasy. Et on sait combien le genre est propice à parler intelligemment des régimes totalitaires. Dans un pays où cohabitent plusieurs races dans une paix toute relative, celles des orcs, des nains et des hommes, les elfes sont eux pourchassés sans relâche et voués aux camps de concentration, à la torture et à la mort. L’auteur a réussi a recréer une puissance vraiment, vraiment (et j’ai oublié d’ajouter vraiment) flippante, à base de créatures mécaniques et noires, d’humanité broyée par le métal et d’insectes géants forgés par la technologie et la magie. Et cet univers imaginaire et terrifiant est mêlé à l’époque de la moitié du vingtième siècle, entre uniformes et ambiance vintage. J’ai tout de suite adhéré à l’atmosphère et le côté obscur de la force est le gros point fort de ce roman à mon sens.

Au début, j’ai quand même eu peur que l’auteur se contente de faire une transposition, qui aurait été certes sympa à lire, mais qui m’aurait laissée sur ma fin. Mais non, le trio nous embarque dans une quête hyper rythmée, et nous plonge à la fois dans le suspense de la traque et dans une jolie mythologie. J’ai beaucoup aimé ce qu’il a fait des elfes, mais aussi de la magie, vraiment fouillée et précieuse.

Et l’écriture est aussi très élégante, pour ne rien gâcher. J’ai pu regretter, peut-être, le ton sérieux conservé de bout en bout, en grande fan de second degré même au cœur des thématiques les plus sombres, mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier cette lecture. Et puis c’est carrément un bel objet, de la couv’ aux illustrations intérieures, made in l’auteur himself !

(Spoil : cette créature est overcreepy.)

Je vous conseille donc vivement Frankia, I en attendant le lire le livre II, pour son joli message de tolérance, à tous niveaux, et pour son imaginaire richissime.

Jean-Luc Marcastel, Frankia, Livre I, Hélios-Mnémos. 

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8 réflexions sur “Guts over fear

  1. Oh je suis étonnée de n’avoir jamais entendu parler de ce titre alors que Jean-Luc Marcastel est un auteur que j’aime beaucoup. D’autant plus que ce livre a été publié il y a quelques années. Merci beaucoup pour cette découverte, je l’ajoute à ma wishlist (^-^)

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