LA en 53

Attention, ceci est une confession de noob qui assume complètement : je n’avais jamais ouvert un seul Ellroy de ma vie avant Extorsion, novella avalée en une heure et demie il y a quelques jours. Forcément, je ne vais même pas tenter de me lancer dans les débats que j’ai pu trouver un peu partout sur la toile, à savoir nouvelle teasing ou vrai oeuvre à part entière. L’avantage du débutant, c’est qu’il peut se lancer avec toute sa naïveté de jeune puceau, et ce fut mon cas !

Fred Otash, ex-flic véreux, a fait trembler l’Hollywood mythique des fifties en rapportant les scoops les plus sales au tabloïd Confidentiel. Ellroy l’imagine au purgatoire, éternellement torturé par ses victimes mythiques. L’ultime échappatoire à cet enfer est de livrer ses confessions à l’écrivain, qui désire les adapter en série télé.

Ce que j’ai d’abord découvert et tout de suite aimé, c’est un style, de ceux qui t’emportent immédiatement et qui te feraient lire à peu près n’importe quoi. Fort heureusement, Extorsion ne renferme pas une recette de pot-au-feu mais bien le récit éclair d’un parcours de pourriture, au cœur d’un Los Angeles prêt à arracher les masques du glam’ pour vomir du scandale. Pareil, je connais mal le passif d’Otash dans l’oeuvre d’Ellroy (bien que je sois fermement décidée à combler les trous) mais cette figure qui semble l’obséder est en effet assez savoureuse. Misogyne, raciste, homophobe et dépourvu de tout sens moral, le type livre ses confessions honteuses sans détour. Et là, c’est carnaval : exit le mystère, le vernis et les stars inaccessibles, et bonjour aux anecdotes de chambre d’hôtel, aux perversions et aux secrets qui rapportent gros. Maître-chanteur ou pourvoyeur d’infos pour les tabloïds, Otash est LA crapule de son époque.

Il y a un jeu constant entre réalité et imaginaire qui m’a séduit, du personnage historique qui pourtant est réinventé, en passant par les secrets dont il faudrait démêler le vrai du faux et la figure de l’auteur ancrée dans un purgatoire hallucinant où Marilyn Monroe revient se venger…

Le format court m’a frustrée au regard de la thématique mais j’ai été plongée dans une ambiance, « LA en 53 », et si ça n’a pas suffit à m’emporter tout à fait, au moins cela m’a donné envie de me lancer dans les gros morceaux de l’auteur, de type L.A Confidential. Ouais, hein, ça vous dit quelque chose.

James Ellroy, Extorsion, Rivages. 

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