Ophiocordyceps

Sur le blog, cet été sera zombie ou ne sera pas. Lors d’une de mes balades chez Critic à Roazhon, j’ai rapporté dans ma taverne un joli livre tout jaune qui me faisait envie depuis des lustres, Celle qui a tous les dons de Mike Carey. La quatrième de couv’ était suffisamment énigmatique pour me donner envie de le dévorer, et c’est bien ce que j’ai fait ces derniers jours.

Mélanie est une petite fille très spéciale, confinée dans une cellule. Chaque jour, les gardiens prennent d’extrêmes précautions avant de la sangler à son fauteuil et de la mener en classe auprès d’autres enfants qui lui ressemblent. L’horizon de la fillette se limite à sa maitresse préférée, Mlle Justineau, qui lui apprend tout d’un monde apparemment révolu. Des questions, Mélanie en a, mais les vraies réponses, elle ne les trouvera qu’au moment où le bunker volera en éclat.

Impossible de parler de ce bouquin sans spoiler un minimum, donc ceux qui voudraient rester totalement vierges en entamant leur lecture feraient mieux de passer leur chemin, mais franchement, tout ce qui va être dévoilé ici relève de l’évidence quand on attaque dix ou quinze pages.

On nous présente ce roman comme un page-turner et croyez-moi, ce n’est pas de la publicité mensongère. J’ai été tout de suite happée par ce huis-clos initial, un bloc étrange où des enfants sont détenus, nourris, lavés et éduqués suivant des principes stricts. C’est d’abord la petite Mélanie qu’on suit, une enfant ultra éveillée, fan de sa prof qui lui apprend les mythes grecs et tout un tas d’autres trucs passionnants. Et puis on découvre les autres adultes moins sympathiques qui gravitent autour d’elle, Sergent, le chef bourru des gardiens, Mme Caldwell, la scientifique et tous ces autres profs qui n’osent même pas la regarder. L’auteur adopte le point de vue interne, et nous projette dans la tête des différents protagonistes avec un talent assez incroyable en adaptant son langage avec une discrète justesse.

Le pitch de base est donc carrément intriguant, et puis on apprend vite qu’au dehors, un champignon a pris possession des cerveaux de la majorité de la population, les transformant en de jolis petits zombies particulièrement coriaces et avides de chair humaine. (MANGER) Les enfants de la base, infectés mais toujours en possession de leurs capacités cognitives sont supposés être l’antidote au nouvel enfer terrestre. Jusqu’au jour où une intrusion dans le bunker force Mélanie et une poignée d’adultes à s’enfuir et c’est alors une lutte pour la survie qui démarre. Le début du roman est donc hyper original et la seconde partie relève un peu plus du roman de zombie traditionnel mais il fonctionne de bout en bout, avec cette écriture extrêmement visuelle. (En même temps, cette histoire a été écrite pour le cinéma et sera adaptée très prochainement, ô joie !) Et si j’ai pu déplorer le côté plus conventionnel de la suite des événements, no worries, la fin prend le contrepied. Et pas avec le dos de la cuillère. (Expression non usitée depuis 1882.)

Une jolie réflexion sur l’humanité, pleins de références, un récit hyper couillu aussi car l’ultime tabou est brisé, à savoir celui de l’enfant zombie quand même, un livre qui se lit comme on regarde un bon film quoi. C’est à lire !

  M.R. Carey, Celle qui a tous les dons, L’Atalante.

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