Le chlore ou les barreaux

J’ai été plus que ravie en découvrant que le nouveau Tsiolkas faisait partie de ma sélection de titres de la rentrée littéraire. Remember, chers vous, l’année dernière j’avais adoré Jesus manportrait d’une Australie de fin de nineties sans concession où la solitude est reine. Cette année, c’est Barracuda qui paraît aux éditions Belfond, un roman puissant qui sent bon le chlore et la modernité.

Daniel Kelly, l’enfant, avait un rêve, celui de devenir un grand nageur, de remporter un trophée aux JO et de montrer à tous les petit bourgeois de son lycée qu’il était autre chose qu’un fils de la classe ouvrière ou un métèque. En dépit de ses efforts acharnés, le jeune Kelly n’atteindra jamais le niveau espéré et vingt ans plus tard, c’est un tout autre homme qui sort de prison. Un homme en quête de réconciliation avec les autres, mais surtout avec lui-même.

C’est avec un plaisir immense que je me suis replongée dans l’univers de Tsiolkas, dans son Australie, dans l’intimité d’une famille de « métèques », ces hommes et ces femmes issus de l’immigration grecque. L’auteur poursuit son portrait d’une société complexe à travers le parcours singulier d’un jeune nageur qui intègre un lycée ultra select grâce à une bourse d’études. Daniel Kelly, dit « Barracuda », se voit déjà au sommet et consacre son existence entière à la poursuite de son rêve, seule issue possible pour un fils de coiffeuse qu’on raille pour ses origines modestes.

Grandir, voilà tout l’enjeu de ce roman. Dans un récit fragmenté, mais à la cohérence magistrale, narré à la première et à la troisième personne, l’auteur nous parle de rêves, de désillusion, de déchéance et de rédemption. Rien que ça. Toute l’histoire de Kelly va se résumer à l’acceptation d’un échec qui n’a jamais été envisagé.

L’eau, amie ou ennemie, l’hétérosexualité face à l’homosexualité, les mots qui guérissent ou trahissent, l’Australie comme patrie ou comme prison, l’adulte qui doit se réconcilier avec l’adolescent… Dans ce récit d’une densité incroyable, tout est à double tranchant. J’ai été vraiment touchée par ce roman aussi singulier qu’universel, porté par un style certes moins trash que dans Jesus man mais toujours aussi percutant et vrai.

Première lecture, premier coup de coeur. Ca sent bon, les gars.

Chronique disponible sur le site Decitre !

Christos Tsiolkas, Barracuda, Belfond, à paraitre le 20 août 2015.

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