« Tell me your troubles and doubts, giving me everything inside and out »

My dear unicorns, enfin je vous retrouve. Pour cause de surcharge de boulot (et planning « rentrée de séries à mater » assez serré), je n’ai pas pu vous parler plus tôt de ma dernière découverte tagguée fantasy, Port d’Âmes de Lionel Davoust. Le roman m’avait personnellement alpaguée dans la vitrine de Critic avec sa petite étiquette « amateurs d’univers à la Scott Lynch » (ou un truc du genre, je n’ai pas la mémoire de l’Administration présente dans le joli roman dont je vais vous parler).

Huit années de servitude dans la marine s’achèvent pour le jeune Rhuys ap Kaledán, baron déchu, désormais prêt à redorer le blason de sa famille à Aniagrad, la « garce de ville » où tout s’achète et se vend. Rhuys quitte sa petite société de marins pour se perdre au coeur des hautes sphères de la ville, épaulé par un ami de son père, Edelcar Menziel, qui lui offre de s’associer à un projet ambitieux, celui de la conversion dranique. Fasciné par les prodiges de cette science d’un autre âge, le jeune baron en oublierait presque que son nouveau port d’attache n’offre son hospitalité qu’au commerce seul. Emporté dans les intrigues politiques et les sombres tractations de la ville, ce n’est qu’auprès d’une étrange Vendeuse d’âme qu’il pourra espérer trouver un refuge et la force nécessaire pour se dresser contre les lois des marchés d’Aniagrad.

Port d’Âmes fait partie de l’univers d’Evanégyre qui compte déjà La volonté du dragon et La route de la conquête. Autant vous dire qu’en bon gros noob, j’ai commencé par la fin, mais j’ai pu lire ici et là que ce n’est finalement pas une si mauvaise idée. Et puis le roman est une histoire tout à fait indépendante, rien n’a gêné ma compréhension, j’ai juste hâte de lire le reste pour avoir un nouvel éclairage sur toute la mythologie qui entoure le récit. « CECI ETANT, EST-CE QU’ON PEUT COMMENCER ? » s’impatiente ma personnalité n°4.

Port d’Âmes, c’est d’abord un récit d’apprentissage comme je les aime : notre héros est jeune, plutôt charmant, il a tout perdu sauf ses nobles principes et accroché au mat de son bateau, il est prêt à rencontrer son destin dans la charmante ville d’Aniagrad… Charmante ville qui va se charger de lui en retourner deux pour l’accueillir. Il y a bien de l’innocence chez Rhuys, et son côté chevaleresque aurait pu finir par m’agacer si ce personnage n’avait pas été si travaillé, si prompt à l’introspection. J’ai aimé suivre ce type sensible qui apprend peu à peu à composer avec la cruelle réalité de la ville.

La ville, parlons-en ! C’est mon personnage préféré. (Ca l’est toujours.) Aniagrad est une vraie créature tentaculaire, où les boussoles n’ont aucun pouvoir. Au dessus d’un marché immense et labyrinthique où l’on trouve tout et n’importe quoi, de hautes tours abritent ce qu’on appelle (en tremblant) l’Administration, entité quasi omnipotente qui veille à l’ordre nécessaire aux tractations commerciales qui font la puissance de la ville. A mesure que l’intrigue se noue et se dénoue, la ville se dévoile progressivement dans toute sa folie et ses contradictions et je suis tombée amoureuse d’Aniagrad comme j’ai pu tomber amoureuse de Camorr.

Si l’univers s’est si bien matérialisé sous mes yeux, c’est bien parce qu’il est porté par une écriture d’une rare élégance, aussi prompte à nous tenir en haleine dans les moments les plus intenses de l’intrigue qu’à transmettre le plus fidèlement possible les émotions de ce cher Rhuys. Comment concilier les principes, ce qu’on estime juste avec les réalités du monde ? Et surtout qu’adviendra t-il de nous, si nous ne savons pas conserver, quelque part, une part de transcendance, de beauté, d’amour, de poésie… ? Lionel Davoust nous « transfère » tout un tas de réflexions sublimes dans son roman. Et tant pis si le ton général est un peu sérieux à mon goût, j’ai été largement séduite par l’univers et le style de ce roman très abouti.

 

Lionel Davoust, Port d’Âmes, Critic. 

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8 réflexions sur “« Tell me your troubles and doubts, giving me everything inside and out »

  1. J »ai aimé la Route de la Conquête. Je comptais pas craquer si tôt pour Port d’âme, mais j’ai bien envie de tomber amoureuse d’une ville imaginaire !! Il risque de s’imposer bien vite en haut de ma Pal (quand je l’aurais acheté ^^)

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  2. Pingback: Port d’Âmes – Lionel Davoust |

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