« Le cupcake ne sera pour personne ! »

Vacances (ou presque au regard de la tonne de boulot), Halloween et monticule de livres impressionnant à lire… Autant vous dire que je suis de charmante humeur et tout à fait disposée à vous parler d’un bouquin complètement taré qu’on m’a prêté il y a peu, Prime Time de Jay Martel.

Quand Perry Bunt, ex-scénariste à succès pour Hollywood reconverti en prof aigri, découvre que la Terre n’est en fait qu’un vaste programme de télé-réalité destiné à tromper l’ennui d’une civilisation extra-terrestre autrement plus développée, son monde s’écroule. Mais alors qu’il pensait que la situation ne pouvait pas être plus cauchemardesque, une belle productrice de l’au-delà lui apprend qu’ en raison d’audiences frisant le néant, la prochaine étape du scénario n’est plus ni moins que la fin du monde. Dès lors, Perry Bunt est investi d’une mission digne de Bruce Willis, celle de rendre les « terricules » de nouveau divertissants et ainsi, de sauver la planète.

Quand je vous disais que c’était taré. J’avais déjà repéré ce petit OVNI en librairie il y a un moment, aussi ai-je sauté sur l’occasion quand on l’a mis entre mes mains. C’est un personnage assez jouissif qu’on suit tout au long de ce récit : Perry Bunt ou le type qui un jour a connu la gloire et qui depuis n’est plus que l’ombre de lui-même, en quête d’une bonne idée qui ne viendra jamais. C’est donc presque une aubaine quand il découvre que l’une de ses étudiantes affriolantes ne vit pas sur la même planète et produit des émissions destinées à divertir ses congénères extra-terrestres au dépens des débiles d’en-bas, dont il fait malheureusement partie.

J’ai adoré le concept, d’autant que le projet « fin du monde » ajoute encore un peu plus de piment à l’histoire. A travers l’analyse souvent bien glaciale de sa nouvelle amie, Perry Bunt redécouvre la planète qui l’abrite dans toute son horreur, son absurdité, sa violence et son potentiel comique de haute volée. Religions, guerres, industrie, magouilles politiques, divertissement et autres travers, la race humaine n’est guère épargnée dans des dialogues surréalistes et vraiment, vraiment drôles. Et quand Perry, ce loser magnifique, tente quand même de sauver les siens, on entre dans une nouvelle dimension, aussi dingue qu’émouvante.

Le spectre de l’ennui, la loi de l’image et du buzz sont au coeur de ce roman qui utilise un bon paquet des codes de l’humour pour critiquer notre société actuelle. J’avoue avoir eu du mal, si on s’attache strictement à l’intrigue, à être captivée de bout en bout, mais franchement, rien que pour les vannes percutantes (merci à ce style des plus convaincants) et ce portrait au vitriol de nous autres terricules, je valide mille fois.

Oh et il fallait que cite ça, parce que je suis ravie d’avoir eu confirmation d’une chose dont j’étais persuadée depuis toujours :

« – Vous avez inventé la gym ?

– Mais oui, voyons. Qu’est-ce que la gym a à voir avec l’éducation ? Vous ne pensiez tout de même pas que ça servait vraiment à quelque chose ?

Perry repensa à ses cours de gym au temps du lycée, où un nommé Coach Rasmussen, croisement alcoolique entre W. C Fields et Staline, avec des cheveux en brosse, poussait à la violence un bataillon d’apprentis terroristes adolescents.

– Maintenant que vous le dites, conclut-il, non. »

Jay Martel, Prime Time, Super 8. 

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