Kantuta

Est-il possible de faire un bon polar en un peu plus de deux-cent cinquante pages ? C’est un peu la question que je me suis posée avant d’ouvrir Soleil noir de Christophe Sémont. En le refermant, je me suis dit que la véritable question que j’aurais dû me poser, c’est : « Est-il possible de faire un bon polar HYPER DENSE en un peu plus de deux-cent cinquante pages ? (On devine que la réponse est oui, alors STOP le teasing.) Un grand merci et une pluie de paillettes aux éditions Critic pour cette découverte !

Un flic fraîchement promu qui décide de fêter son avancement avec sa femme et sa fille avant que tout bascule, une jeune serveuse en proie à des visions cauchemardesques et une bande de gosses qui tombent sur un container au contenu mystérieux au beau milieu de la forêt amazonienne… Entre l’Argentine et la Bolivie, plusieurs destins vont se croiser pour le pire.

L’art de la concision avec un grand C comme Concision. En plus de me plaire, ce thriller m’a vraiment impressionnée, parce que dans un format très court, l’auteur parvient à nous tenir en haleine avec une bonne histoire pleine de rebondissements, de « TATATA » en fin de chapitre, mais pas que.

On suit donc plusieurs personnages, qui vont tous, à un moment ou un autre, rejoindre une même intrigue joliment construite. Ce qui apparaît d’abord comme un banal braquage ou une petite note sur un document ancien va révéler ce que la forêt a de pire à cacher. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant avec ce roman qui vous tire par la manche, vous traîne le long d’El camino de la muerte pour ne vous lâcher qu’en fin de course, passablement essoufflé. (Oui, la meuf vit littéralement ses lectures.) Peut-être qu’un ou deux éléments m’ont paru un chouïa caricaturaux à la toute fin, mais hormis ce détail, RAS.

Au-delà du thriller, Christophe Sémont nous fait voyager. On sent que le sujet est maîtrisé et j’ai adoré découvrir cette partie de l’Amérique du Sud grâce à de nombreux termes en VO non sous-titrée, à des passages hyper intéressants sur les dictatures encouragées par les plus sombres pourritures qui soient, les affaires bien sales des multinationales, las madres de Plaza de Mayo et j’en passe… Une ambiance qui sert à merveille l’intrigue, moite et dangereuse à souhait.

Il y a aussi une vraie dimension fantastique dans cette histoire, nourrie par les visions et les légendes et croyances boliviennes. Je parlais d’un roman dense, et je persiste, notamment pour l’écriture, qui est à la fois épurée et directe, mais aussi pleine de symboles et de motifs qui reviennent hanter les personnages et qui les lie : les miroirs qui reflètent leur peur et leur déchéance, la figure du serpent ou encore ce fameux soleil noir, haut dans le ciel de Bolivie, ou tapi dans l’ombre, du côté du Wewelsburg…

Christophe Sémont, Soleil noir, Critic.

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