Survivre ou peigner la girafe

Je crois que personne n’a pu passer à côté de la petite sensation de la rentrée littéraire ado, U4. Quatre romans, quatre auteurs, quatre personnages mais une seule même histoire… Je n’ai pas pu résister quand je suis tombée dessus à la médiathèque et mon choix s’est porté tout à fait arbitrairement sur Stéphane de Vincent Villeminot pour attaquer la tétralogie. (Et un mot compliqué de placé, un !)

Depuis que le virus U4 a ravagé la planète, seul 10% de la population survit encore… Rien que des adolescents entre quinze et dix-huit ans et des membres de l’armée. A Lyon, Stéphane attend toujours le retour de son père, chercheur en virologie. La jeune fille au prénom de garçon voudrait ne jamais quitter son petit appartement, mais bientôt la violence qui fait rage dans les rues l’oblige à rallier un camp de survivants. Parce qu’elle se pose trop de questions sur les méthodes d’encadrement opaques des réfugiés, Stéphane va devenir malgré elle une fugitive, et avec une poignée de survivants, se lancer dans un road-trip jusqu’à Paris, dans l’espoir de retrouver son père, et avec lui la solution au chaos.

Vincent Villeminot nous plonge dans un Lyon dévasté, où les jeunes survivants des camps côtoient des bandes prêtes à mettre la ville à feu et à sang à l’ombre des hélicos de l’armée. Il y a d’emblée une vraie volonté de créer une ambiance à la fois très réaliste et oppressante et je n’ai eu aucun mal à me plonger dans ce récit post-apo. On suit Stéphane, une héroïne plutôt badass et indépendante qui va vite devenir indispensable au sein du camp de survivants. Grâce aux travaux de son père, de jeunes étudiants en science font rapidement la lumière sur le pourquoi du comment du virus. Du coup, l’origine de U4 est très vite dévoilée et l’histoire se recentre autour de la survie et des conflits humains avec une large part dévolue au fameux road-trip de Stéphane où elle croisera le chemin de Yannis, un autre héros de U4.

J’ai trouvé que les questions éthiques soulevées par l’auteur étaient très intéressantes et il nous livre une poignée de chapitres qui se dévorent mais en même temps la justification du virus est un peu facile à mon goût et c’est une critique que je pourrais faire pour d’autres éléments de l’histoire. Le comportement des types de l’armée, les ados experts en survie (#cheaté), la personnalité contradictoire de l’héroïne… Il y a pour moi pas mal d’incohérences dans ce roman qui se veut ambitieux mais dont certains aspects sont traités trop superficiellement.

Du point de vue même du format de ce projet, il est plutôt difficile de se faire une vraie idée sur ce bouquin. Je l’ai refermé avec un très grand sentiment de frustration, rapport à la fin, mais peut-être que toutes mes questions trouveront réponse dans les autres volumes de la saga… Il y a notamment tout un mystère autour d’un fameux rendez-vous de gamers à Paris où THE solution à la catastrophe pourrait être trouvée mais Stéphane effleure à peine le sujet. Et le problème c’est que je ne suis pas sûre d’avoir très envie de poursuivre l’aventure, car si Stéphane ne manque pas de qualités, notamment son écriture fluide et immersive, moi, je n’ai pas été transportée par ce quart de projet pourtant tellement intéressant sur le papier…

 

Vincent Villeminot, Stéphane (U4), Nathan/Syros. 

Publicités

8 réflexions sur “Survivre ou peigner la girafe

  1. Tu es le deuxième ou troisième avis assez mitigé que je lis sur l’un de ces livres. Déjà que je n’étais pas emballée emballée, alors si même toi tu ne l’es pas non plus après l’avoir lu… Dommage, car comme tu dis le projet est un pari osé et c’est très intéressant d’un point de vue éditorial.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s