N’oublie jamais

Là c’est le moment où je cherche mes mots pour tenter de vous communiquer mon émerveillement total devant le deuxième tome de La Passe-miroir de Christelle Dabos, Les Disparus du Clairdelune. Souvenez-vous, à l’époque fort fort lointaine de ma lecture du premier opus, je pensais déjà qu’on faisait difficilement mieux aujourd’hui en imaginaire jeunesse. Ca, c’était avant le tome 2.

Risque de spoil, so, amis non-lecteurs des Fiancés de l’hiver, passez votre chemin.

Trololo couverture qui déchire…

Officiellement intronisée à la cour de Farouk, Ophélie est nommée vice-conteuse et a donc la lourde tâche de divertir chaque soir l’apathique et ombrageux esprit du famille du Pôle. Si la jeune femme avait déjà eu un aperçu des vicissitudes de la cour quand elle se faisait passer pour un petit domestique, elle découvre à présent qu’être la promise de l’Intendant (aka l’ennemi public numéro un) est une autre paire de manches. Alors que certaines des personnalités les plus influentes de la cour disparaissent l’une après l’autre, Ophélie va être entrainée malgré elle au coeur des intrigues les plus sombres de la Citacielle.

Je ne vais même pas tenter de tempérer mon fangirlisme ultime tant cette saga est à tomber. Vous voilà prévenus. Les Disparus du Clairdelune nous replonge dans la Citacielle aux côtés de la frêle Ophélie, plus prête que jamais à s’affirmer dans ce monde de brutes après avoir subi les machinations de sa belle-famille. Si le premier tome nous avait déjà donné un bel avant-goût de cet univers de cour impitoyable où le pire cotoie le (plus) pire, où chaque grande famille use de son pouvoir pour écraser les autres, celui-ci place notre jeune héroïne au coeur des complots et des machinations aux issues fatales. Les étranges disparitions et les menaces dont Ophélie va elle-même faire l’objet la conduisent à mener l’enquête et la tension va aller crescendo. L’auteure prend un malin plaisir à nous balader et le suspense est juste insoutenable, à grands renforts de scènes à vous glacer le sang. En ce sens déjà, ce second tome dépasse pour moi le premier.

L’univers s’approfondit, s’étend et s’épanouit sous nos yeux émerveillés de licornes. Sans blague, quelle inventivité, quelle imagination. Des arches fantastiques, des illusions incroyables pour masquer la crasse à l’image de la beauté trompeuse des courtisans, une multitude de pouvoirs… Sans parler de la galerie de personnages qui s’étoffe considérablement, nous livrant des moments de grâce que Lewis Carroll n’aurait certainement pas reniés. J’ai été particulièrement sensible à Farouk, l’esprit de famille, esquissé seulement dans Les Fiancés de l’hiver. Christelle Dabos a donné corps à ce roi vénéré mais parfaitement étranger au monde des hommes et il y a ce je-ne-sais-quoi d’hypnotique dès qu’il est question de lui.

Au coeur de cette histoire, on retrouve bien sûr nos deux futurs mariés. Encore une excellente raison de ne plus attendre pour foncer sur cette saga. A l’heure où on n’hésite pas à nous balancer des relations amoureuses convenues en littérature jeunesse (et ailleurs), il faut savoir qu’il y a aussi ça. Ni tendresse, ni confiance entre ces deux-là qui, maladroitement, sont contraints de s’apprivoiser. Et pourtant… J’ai rarement été touchée à ce point. Au-delà des non-dits et de la froideur du Pôle, c’est bien la plus belle histoire de la mort qui défonce qui se prépare.

Je pourrais continuer comme ça sans m’arrêter sur des kilomètres encore, alors, on arrête les frais pour ce soir, mais, de grâce, penchez-vous sur ces beautés que sont Les Fiancés de l’hiver et Les Disparus du Clairdelune. (avant que je ne vous vole vos exemplaires).

 

Christelle Dabos, Les Disparus du Clairdelune (La Passe-miroir, tome 2), Gallimard Jeunesse.

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9 réflexions sur “N’oublie jamais

  1. Ah tu l’as fini ! Il est bien hein ? (MÉGA euphémisme). Hier soir, avant de me coucher, au lieu de finir mon bouquin, je me suis mise à relire quelques passages des tomes 1 et 2 qui sont sur ma table de chevet constamment. Tu as parfaitement dit ce qu’il fallait, notamment sur cette histoire d’amour : bien écrite, sensée et tellement émouvante.
    Manque plus que d’attendre le tome 3, avec impatience !

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    • Non mais j’ai quand même relu le premier avant de me mettre à celui-ci pour être sure d’être au top quoi… Genre, ça m’arrive jamais d’habitude.
      Et ouais Thorn/Ophélie, c’est mon coup de coeur. Mon côté brute tend à être souvent saoulée par les passages romantico-passionnés quand l’intrigue est puissante, mais là, j’attendais chaque tête-à-tête comme une ado fébrile ahah.

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