« Ride the snake, ride the snake… »

J’ai terminé hier le premier volet d’un diptyque fantasy, Le Sabre de sang de Thomas Geha (qui sous une autre identité secrète a co-écrit American Fays avec Anne Fakhouri.). Pourtant pas une violente du genre, de base, je ne suis jamais contre une bonne histoire. Et puis quand on te promet de l’aventure, de la magie et de la baston sur la quatrième de couv’…

Tiric Sherna, guerrier Shao de son état, a vu les siens massacrés ou réduits en esclavage par les Qivhviens, un peuple d’hommes serpents/lézards/dragons de komodo (suivant ton imaginaire perso, disons des hommes de type reptilien). Lui-même est enchaîné et promis au marché aux esclaves dans la cité florissante de Ferza, le fief de ses ennemis intimes. C’est certainement la mort qui l’attend au cœur des arènes, mais peu importe ce qu’il en coûtera, Tiric vengera son peuple.

« Une tête à la bouche ouverte et aux yeux surpris injectés de sang roula près de moi, idiote incarnation de la mort. » L’Histoire de Tiric Sherna s’ouvre sur le champs de bataille, et sur une déculottée monumentale pour notre héros et son peuple, les Shaos. Autant dire que le récit démarre tout de suite et il nous laissera peu de répit jusqu’à l’ultime page (Qui s’en plaindra ?). Pas de descriptions à rallonge pour nous immerger dans l’univers, l’auteur privilégie la fluidité du récit. Quand, comme moi, on ignore qu’il existe un lexique bienvenu en fin de bouquin, on a tendance, dans un premier temps, à bloquer devant les termes propres à l’univers. (Ah la gueule, tu sais pas c’que c’est un draguin nain.) Mais que les gens pas fut-fut dans mon genre se rassurent, tout se met en place un peu comme par magie et je me suis rapidement familiarisée avec les peuples, le bestiaire et tout et tout.

La première partie du roman fait la part belle aux intrigues de couloirs et aux luttes de pouvoir avec la découverte de la société matriarcale des Qivhviens (ou plutôt Qivhviennes), des créatures au potentiel érotique équivalent à leur soif de pouvoir. La seconde partie s’enclenche après la fuite de Tiric et de ses trois compagnons, Kardelj, un autre guerrier shao, Kahrzoa, une qivhvienne peu appréciée de ses semblables et mon préféré, Apeô, un petit vieux qui a un peu les fils qui se touchent. Le long voyage de cette joyeuse bande vers un éventuel havre de paix est bien sûr ponctué de chouettes scènes d’affrontements et d’embûches en tous genres. En chemin, notre cher Tiric va forcément évoluer et rencontrer, comme qui dirait, sa destinée. A noter qu’il n’y a pas de vrais gentils ou de vrais méchants dans Le Sabre de Sang, ce qui est franchement appréciable.

Quant à l’écriture, elle mêle différents registres, ce que j’apprécie beaucoup en général. Ici, je dirais que ça fonctionne, à quelques exceptions près, où j’ai trouvé les transitions un peu brutales quand même.

La méga aventure, un univers très cohérent et sexy (pourrait-on écrire un bouquin sur la ville de Serza, stépliz) en peu de pages, un soupçon de magie… Un super divertissement. J’ai hâte de lire la suite, de voir comment ces deux histoires s’articulent, surtout après ce final de malade.

(Rapport au titre, parce qu’on n’écoutera jamais trop cette merveille.)

Thomas Geha, Le Sabre de sang I, Histoire de Tiric Sherna, Folio SF. 

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5 réflexions sur “« Ride the snake, ride the snake… »

  1. Pingback: Le Sabre de sang, tome 1 : Histoire de Tiric Sherna | Le Bibliocosme

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