Les enfants terribles

C’est bien connu, si vous êtes en quête du pire du pire du flippant du craignos, la meilleure solution, c’est encore d’ouvrir un bon recueil de contes pour enfants (ou ceci). Andreas Gruber maitrise visiblement le sujet avec 48 heures pour mourir, un thriller qu’on m’a vivement recommandé à la médiathèque (d’où le coeur sur la photo, mais n’ayez crainte, Rosy a conservé sa neutralité professionnelle).

Près du grand orgue de la cathédrale de Munich, le cadavre d’une femme a qui on a fait ingéré des litres d’encre est retrouvé. Cette femme n’est autre que la mère de Sabine Nemez, commissaire de police. Quelques heures plus tôt, son père lui avait fait part d’un appel anonyme, stipulant qu’il avait exactement quarante-huit heures pour découvrir qui avait été enlevé et pourquoi. Ecartée de l’enquête, Sabine est pourtant prête à tout pour disculper celui qui est devenu le principal suspect du meurtre et venger la mort de sa mère. L’homme en charge de l’affaire, Maarten S. Sneijder, est peut-être un type odieux, mais l’hypothèse de Sabine selon laquelle le tueur suivrait le schéma d’un conte pour enfant ne le laisse pas indifférent. Au même moment, aux abords de Vienne, une psychologue reçoit un petit cadeau… Et un coup de fil, qui ne lui laisse que quarante-huit heures pour résoudre une devinette macabre.

« 48 heures pour mourir » : le titre est peut-être un brin trop accrocheur, mais j’ai décidé de ne pas m’y arrêter et j’ai bien fait puisque ce thriller est particulièrement bien mené et intense. Le lecteur est capté par l’intrigue dès le prologue avec l’enlèvement d’une infirmière dans un parking souterrain. La pauvre s’éveille un peu plus tard dans des conditions cauchemardesques, face à un silhouette à la voix trafiquée, qui récite ce qui semble être une petite comptine pour enfants. Là… Bim ! La femme reconnait l’individu, mais on ne saura pas pourquoi. Autant vous dire que point de vue efficacité, on fait difficilement mieux.

Après ça, je n’ai plus lâché ce thriller qui nous balade entre l’Allemagne et l’Autriche, notamment pour sa construction en chapitres alternés : d’un côté, l’enquête de Sabine et de Maarten sur des crimes violents, calqués sur un célèbre livre pour enfants, de l’autre l’angoisse d’une femme qui ignore pourquoi un maniaque lui impose son petit jeu, petit jeu qui pourrait bien la concerner plus qu’elle ne croit. ET PUIS (oui, parce qu’il y a un et puis), d’autres chapitres sont consacrés à une autre facette du récit dont je ne vous dévoilerai rien mais qui participent du frisson que nous colle rapidement ce bouquin. Ces multiples points d’entrée à l’histoire sont tous carrément addictifs et l’auteur nous livre un joli puzzle qui s’emboite parfaitement à la fin, en dépit des nombreux retournements de situation.

Ceci dit, on apprend assez rapidement qui est notre cher psychopathe et pour moi, l’intérêt de ce thriller réside vraiment dans le pourquoi et le comment plutôt que dans le qui. Ce qui m’a plu, c’est l’ambiance, la tension permanente, les personnages travaillés. En revanche, je n’ai pas été bluffée par l’écriture/la traduction mais elle a au moins le mérite d’être épurée, d’aller droit au but et de servir une intrigue haletante et originale.

Oh, et ce roman risque de vous donner envie de vous plonger immédiatement dans… le « conte pour enfants » en question, qui a l’air juste insensé.

 

Andreas Gruber, 48 heures pour mourir, L’Archipel

 

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2 réflexions sur “Les enfants terribles

  1. Ça me dit quelque chose, en fait j’ai bloqué sur l’illust du bouquin qui me rappelle des contes pour enfants de l’ancien temps germaniques assez horribles et bien glauques. Tout ce que j’aime. Bah du coup je suis vachement tentée par 48 heures pour mourir. Allez je note !

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