Dear uterus…

Je ne sais pas ce que j’écrirais à mon utérus si j’avais l’occasion de lui parler (je lui demanderais peut-être s’il se situe plutôt du côté de Saturne ou d’Uranus) mais les seize femmes qui ont contribué à Lettres à mon utérus avaient toutes des trucs à lui dire. Le concept était suffisamment weird et surtout engagé pour me tenter. Un immense merci aux éditions La Musardine qui m’ont permis de découvrir ces missives à un organe qui gagne à être connu.

Plus d’attelle à la main gauche, plus d’attelle à la main gauche trolololo… (sur l’air d’Un jour mon prince viendra)

Marlène Schiappa, fondatrice du réseau Maman travaille qui oeuvre pour l’égalité homme-femme face à la conciliation boulot/famille et aux commandes de ce recueil, a demandé à seize femmes qui comptent pour elle et pour la sphère féministe de s’adresser à leur organe personnel, celui qui porte le doux/flippant nom d’utérus. Blogueuses, chroniqueuses, dramaturges, auteures, humoristes chanteuses… ont accepté de rédiger des courriers singuliers.

Qu’elles soient mères, qu’elles aient décidé de ne jamais avoir d’enfants, qu’elles écrivent des romans érotiques, qu’elles parlent de bébés à la télé ou qu’elles soient des reines de la night, c’est bien simple, la première chose que je me suis dite en refermant ce bouquin c’est que je les inviterais toutes bien à une soirée barbec’/rosé. En écrivant à leur utérus, certaines avouent mal le connaitre, le haïr une fois par mois, d’autres le remercient pour le travail accompli ou déplorent son absence. Toutes ces lettres sont autant de visions de la féminité avec ses joies et ses emmerdements, du sexe, de la maternité, de notre place dans le monde, du quotidien parfois galère.

Dans ce livre, je suis par exemple tombée sur le texte le plus drôle jamais écrit sur les règles, et je ne remercierai jamais assez la géniale Nadia Daam qui dans « Cher utérus, je peux t’appeler Britney ? » écrit par exemple : « D’ailleurs, tu sais que dans certains pays, quand une fille a ses premières règles, on lui colle une claque. Avoue que ça fait moins rêver que la cagnotte de la bar-mitzvah. Et en même temps, se prendre une tarte dans la gueule quand tu deviens une femme, je trouve que c’est un bon teasing de la vie à venir… Ca te spoile à peine le harcèlement de rue, les inégalités de salaire, et le Grand 8 sur D8 (soit la pire insulte faite aux femmes après Booba). » D’autres sont poignantes, douloureuses, ou poétiques et empreintes d’espoir mais ce qui les marque toutes c’est l’engagement, celui de parler aux femmes et pas que.

Ces seize lettres sont d’ailleurs introduites et clôturées par les contributions de deux hommes, Stéphane Rose et Cédric Bruguière, biens conscients, eux aussi, qu’il existe autant de femmes que de lettres à leurs utérus. Et quand tu entames un bouquin et que tu y trouves ce genre de réflexion : « Nous sommes en 2016 et j’entends encore beaucoup de mes camarades masculins distinguer « la salope » de la « fille sérieuse », le « coup d’un soir » de la « mère de mes enfants ». Et moi, j’aime sérieusement les salopes, et j’ai d’excellents souvenirs de coups d’un soir avec des mamans », c’est que tu risques furieusement de tomber amoureuse de toutes les pages qui suivront.

Ouvrage collectif dirigé par Marlène Schiappa, Lettres à mon utérus, La Musardine.

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10 réflexions sur “Dear uterus…

  1. C’est original et engagé : tout à fait le type de lecture que j’apprécie ! Bon, c’est vrai qu’avec un titre pareil je ne serai pas allée spontanément vers ce livre, mais ta chronique m’a convaincue !

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