Vendetta

Rayon BD, ce dont je vais vous parler maintenant est bien parti pour être mon coup-de-coeur-numero-uno-au-delà-des-étoiles-2016. Ouais, rien que ça. Il s’agit de Corps et âme, le polar fou et nerveux de Walter Hill, Matz et Jef.

Frank Kitchen est un tueur à gage redoutable, sans pitié et infaillible. Après avoir dézingué un créateur de lingerie accro à la coke à New York, c’est dans une piaule miteuse de San Francisco qu’on le retrouve pour un nouveau contrat. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévues et Frank tombe dans un piège. Assommé, il perd connaissance. Les emmerdes, la possibilité d’une fin funeste et brutale, il aurait pu les prédire… Mais ce qu’on lui a fait, ce qu’il découvre en se réveillant, ça, c’est peut-être pire que la mort.

Mettons d’abord une petite chose au clair. Il vous suffira d’aller sur Babelio ou sur n’importe quelle critique presse pour qu’on vous révèle aussitôt cette chose mystérieuse qui est arrivée à Frank. Moi, je n’ai absolument pas envie de spoiler ça ici, ayant moi-même bénéficié de la surprise à la première lecture, je peux vous assurer que ça vaut le coup de rester dans l’ignorance. Forcément, je tairai donc l’essentiel de l’intrigue mais qu’importe, ça ne va pas m’empêcher de vous en parler en mode fangirl.

Quand une BD s’ouvre sur une planche et sur un regard canon comme celui-là, déjà, tu te dis que tu t’apprêtes à passer un moment pas trop dégueulasse.

Corps et âme est donc un polar, un vrai de vrai, et une histoire de vengeance implacable. C’est noir, tordu, et on explore les bas-fonds de la ville comme ceux de l’âme humaine. Avec son coup de crayon sublime et ses couleurs sombres, Jef révèle à merveille les quartiers moites de San Francisco, à base d’ambiance de néons d’hôtel miteux et de bars où on vient étancher sa solitude le soir. Frank est prêt pour le prochain contrat, et on se demande bien ce qui sert de coeur à cet ange ténébreux et fatal tandis qu’il erre de sa chambre au bar avec pour seule distraction la rencontre d’une rousse incendiaire tentée par les mauvais garçons.

Plus qu’une histoire de vengeance badass ou qu’un thriller noir, violent et hyperesthétique, Corps et âme est empreinte de féminisme, de réflexion sur le genre et de rédemption. Montée comme un film (Walter Hill oblige), cette BD est surtout intensément charnelle, que ce soit dans la violence ou le sexe. Le corps y tient une place prépondérante, dans le dessin, comme dans le propos, même si Corps et âme, comme le titre l’indique, dépasse finalement cette frontière.

Je conseille un milliard de fois. (Et la bonne nouvelle, c’est que ça va être adapté à l’écran. Boum.) #ClaqueDansLaGueule

 

Walter Hill, Matz, Jef, Corps et âme, Rue de Sèvres. 

 

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7 réflexions sur “Vendetta

    • Critique élogieuse ou pas, il n’y a jamais de garantie d’aimer pour tout le monde. Ca a été un énorme coup de coeur pour moi, mais il faut adhérer au genre très noir et à la très légère atmosphère surréaliste et tarantinesque du scenar. 😉

      Aimé par 1 personne

  1. Je ne sais pas comment tu fais pour toujours me donner envie de lire tes dernières lectures alors même que ce n’est pas du tout un genre que j’affectionne et que l’histoire ne me tente pas des masses xD. Tu dois être un agent de Poudlard en vrai.

    Aimé par 1 personne

  2. Cette BD a l’air vraiment trop bien ! Moi qui galère toujours à trouver des BDs qui puissent me plaire, je pense que je vais rajouter illico celle-ci à ma wishlist ! Merci pour cette chronique !

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