« I’m the ghost in the back of your head. »

« J’ai chaud. » Fin de citation. Sinon, moi, l’été, quand j’ai envie d’un bon thriller efficace et original, en général je me tourne vers les éditions Sonatine, surtout depuis quelques très belles découvertes comme ça, ou ça ou encore ça. Ce mois-ci, j’ai opté pour Tout n’est pas perdu de Wendy Walker, une histoire de mémoire tordue foutrement bien orchestrée.

C’est à Fairview, petite bourgade huppée et sans histoire du Connecticut, que la jeune Jenny Kramer a été retrouvée sans connaissance, victime d’un viol barbare lors d’une fête dont elle n’a conservé aucun souvenir. Et pour cause, à l’hôpital, l’adolescente a « bénéficié » d’un traitement supposé alléger le traumatisme en effaçant le souvenir atroce. Mais l’esprit humain est loin d’être une mécanique aussi simpliste et si Jenny ne se rappelle pas de l’événement, elle en a conservé le traumatisme émotionnel. Dès lors, en plus de trouver le coupable, il devient essentiel pour Jenny et sa famille de retrouver la mémoire. C’est là que le psychiatre Alan Forrester entre en jeu. Suivant une méthode expérimentale, il va tenter de recomposer le puzzle en recevant les membres de la petite communauté de Fairview touchés de près ou de loin par le drame. Et c’est plus d’un mystère sordide qui sera levé…

Bon voilà, vous comprendrez pourquoi ce roman en particulier m’a fait envie cette année. L’amnésie, le processus de récupération de la mémoire, le tout au sein d’une petite communauté où les suspects potentiels ne manquent pas… Le pitch de ce thriller psychologique était on-ne-peut-plus séduisant et le meilleur, dans l’affaire, c’est qu’il tient ses promesses et plus encore.

L’histoire nous est racontée sous la forme d’un journal, ou plutôt d’une conversation intime entre le narrateur, le psychiatre chargé d’aider Jenny à recouvrer la mémoire, et nous, lecteurs avides de révélation. Alan entre tout de suite dans le vif du sujet, nous raconte ce qu’il s’est passé à Fairview, le viol, l’hospitalisation, la volonté des parents d’épargner leur fille en laissant les médecins « effacer » le souvenir », et puis l’angoisse, et le besoin de justice et de vérité. Très vite, et c’est l’une des clefs du suspense de Tout n’est pas perdu, on découvre qu’Alan nous relate les événements à sa façon, à grands renforts de bonds dans le temps, d’allers-retours et de digressions. C’est dans ce sens que je parlerais de conversation avec le lecteur, dans un style qui se veut, certes professionnel, mais surtout très naturel.

Bien évidemment, au fur et à mesure de l’enquête pour le moins peu traditionnelle d’Alan et de Jenny, c’est le passé des autres qui se dévoile, les petits mensonges qu’on imagine sans conséquence et le tableau idyllique de Fairview finit par doucement s’assombrir. J’ai adoré les nombreux entretiens que le psychiatre nous rapporte, avec Jenny, ses parents… Un grand soin est apporté aux détails, aux réactions des personnages et les mécanismes de la pensée et de la mémoire sont décortiqués à merveille.

Pour ne rien gâcher, l’issue est délicieusement imprévisible (j’ai trouvé, hein) et prouve surtout la maitrise impeccable de Wendy Walker sur son récit, qui, damn, tient vraiment la route ! Comme Jenny, on veut connaitre la vérité, en en même temps, on plisse un peu les yeux… Pas certains de se remettre de ce que qu’on découvrira avec elle.

Mon conseil thriller psychomanipulation pour l’été, voire pour la rentrée, voire pour quand vous voulez hein.

 

Wendy Walker, Tout n’est pas perdu, Sonatine. 

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2 réflexions sur “« I’m the ghost in the back of your head. »

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