Upside down

Non, non, il ne s’agira pas du monde à l’envers de Stranger Things, quoiqu’on reste dans les univers souterrains et franchement barrés avec Alice au pays des Morts-Vivants de Mainak Dhar. Ce roman m’a été offert pour mon dernier jour de boulot cet été, et mes collègues qui me connaissent bien se sont dit qu’une pincée d’Alice, un soupçon de zombies et une bonne dose d’action ne seraient pas pour me déplaire.

Depuis qu’un virus a changé la totalité ou presque de la population mondiale en morts-vivants, les rares survivants tentent d’organiser la résistance sous la houlette du Comité central et de son armée baptisée Zeus. La jeune Alice vit en Inde, au sein d’une petite communauté indépendante et son entrainement dès le plus jeune âge a fait d’elle une véritable machine de guerre. Lors d’une de ses patrouilles, elle surprend un zombie affublé de grandes oreilles entrer puis sortir d’un trou. Ni une, ni deux, la jeune fille s’engouffre à sa suite et va découvrir que le monde manichéen au sein duquel elle pensait vivre est peut-être plus complexe qu’il n’y parait.

Je vous le disais, mes collègues me connaissent bien, et en effet, c’est le genre de résumé qui me donne franchement envie de dévorer un bouquin, d’autant que la couverture est vraiment belle. Alors, je préfère avertir tout de suite ceux qui s’attendraient à une vraie réécriture de conte, vous risqueriez d’être déçus. Pour moi, on est plus dans un roman post-apo avec des clins d’oeil à l’oeuvre de Lewis Carroll.

Le roman s’ouvre avec la découverte d’Alice d’un « Mordeur » pas comme les autres. J’ai eu un peu peur avec cette intro, car l’auteur nous décrit son héroïne comme hyper-entrainée, hyper-powerful-lvl-mille mais avec vraiment trop d’insistance. J’ai eu peur de devoir subir ça toute ma lecture, ce qui, honnêtement, aurait été rédhibitoire, et puis non, Mainak Dhar lève rapidement le pied et l’écriture gagne largement en fluidité.

L’escapade d’Alice dans le trou du « lapin-zombie » va profondément changer sa vision et sa compréhension du monde hostile au sein duquel elle évolue. La formule « morts-vivants = méchants » va en prendre un coup lorsque la demoiselle ne focalise plus seulement sur le combat pour commencer à s’intéresser aux origines du grand chaos. Beaucoup de combats dans ce roman, mais aussi un fond d’intrigue politique et une vision éloignée du banal dévoreur de chair humaine.

Pas de réécriture donc, mais je ne suis pas d’accord non plus avec les critiques qui mettent en avant l’absence totale de rapport avec Alice au pays des merveilles. Au-delà de certaines figures qui ne vous seront pas inconnues, l’auteur lance l’idée d’une prophétie en rapport avec le conte (à voir si cette idée sera développée dans la suite) mais c’est surtout cette idée de monde souterrain, d’apparences trompeuses, et plus généralement de remise en cause de l’autorité en place qui sont autant de jolis hommages à l’oeuvre de Carroll. Le principal souci, à mon sens, c’est justement que ces belles idées n’aient pas été assez développées par l’auteur.

J’ai passé un bon moment avec ce roman, qui, s’il ne tient peut-être pas toutes ses promesses, reste un chouette divertissement, dans un cadre original pour un roman post-apo.

 

Mainak Dhar, Alice au pays des Morts-Vivants, Outre Fleuve.

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