Once upon a time…

Aujourd’hui, je suis contente de vous parler de la lecture qui m’a réconfortée ces derniers jours alors que j’étais terrassée par la maladie (elle a un rhume) et pratiquement à l’article de la mort (elle tousse un peu). Entre deux pastilles pour la gorge aux huiles essentielles effet « tu viens d’entrer dans un Nature & Découverte, ça te dit d’écouter un disque de vent ? », j’ai eu le plaisir de me plonger dans le thriller d’Estelle Tharreau, Orages, que les éditions Taurnada m’ont gentiment proposé de découvrir.

A quarante ans, bien décidée à fuir une énième relation amoureuse foireuse, Béatrice s’installe avec sa fille Célia à Sauveur, un petit village paisible où une place d’expert-comptable et une jolie maison l’attendent. Dans cette petite bourgade où tout le monde se connait, Béatrice est accueillie comme une reine, et au sein de son nouveau foyer qu’elle baptise « Le Refuge », elle se voit déjà prendre un nouveau départ avec Célia. Mais rapidement, Béatrice est confrontée à un type louche, boucher à Sauveur, qui lui somme de s’en aller sans lui fournir d’explications. Sans cela, elle ne se serait peut-être pas intéressée au sort de la femme qui l’a précédée, elle aussi mère d’une adolescente, et déclarée morte dans un accident de cheval. L’histoire intrigue également Célia, et elle est loin d’imaginer quels secrets elle s’apprête à déterrer lorsqu’elle tombe sur un vieux journal dans le grenier.

Le roman s’ouvre tout en légèreté avec Béatrice, véritable héroïne de chick-lit collectionnant les histoires poisons, qui voit dans son exil à Sauveur une ultime chance de rédemption. D’emblée, l’auteure assume un humour et un franc-parler qui font de Béatrice un personnage hyper attachant. La fille et la mère vont découvrir ce que cela signifie de s’installer dans un tout petit village certes chaleureux, mais où les nouvelles vont vite et où l’intimité avoisine le zéro. J’ai particulièrement apprécié le soin qu’Estelle Tharreau apporte à l’authenticité du cadre, des personnages…

L’intrigue se met rapidement en place, puisqu’à peine arrivée, Béatrice fait l’objet de plusieurs avertissements. Mais comment prendre au sérieux une vieille femme aux propos incohérents échappée de sa maison de retraite ou cette boulangère paniquée pour un rien ? Ce n’est qu’à partir du moment où l’un des habitants va franchement l’effrayer en les menaçant, elle et sa fille, que Béatrice va commencer à s’interroger sur la version qu’on lui a servie concernant la mort de l’ancienne comptable du village. Pendant ce temps-là, Célia tombe par inadvertance dans le grenier sur un vieux journal intime datant du début du siècle dernier. Plus elle avance dans sa lecture, et plus elle est persuadée que le passé pourrait être intimement lié au présent de Sauveur.

La découverte du journal marque un vrai tournant dans le récit, puisqu’en même temps que Célia, le lecteur bascule dans le récit intime d’une ancienne habitante de Sauveur qui a ce je-ne-sais-quoi de fantastique. On prend énormément de plaisir à suivre cette histoire dans l’histoire, tout droit sortie d’un conte de fée, avec son lot de faits inexpliqués et d’horreur. Vous voyez cette ambiance « lecture illicite à la lampe de poche jusqu’au bout de la nuit » ? Et bien Estelle Tharreau la traduit à merveille. Ce sont deux « enquêtes » qui avancent en parallèle, et croyant se protéger l’une l’autre, la mère et la fille gardent le secret sur leurs découvertes. Mais ces investigations vont rapidement gêner… Et je n’en dis pas plus, mais ce roman est captivant, et l’issue, bien qu’un peu précipitée à mon goût, répond à merveille à cette volonté de l’auteur de mélanger les genres.

Ce qui est chouette aussi, c’est que l’auteure a un style bien à elle. Je parlais de l’humour et du franc-parler de ses personnages, et c’est vrai que son écriture est aussi addictive parce que particulièrement chaleureuse. J’ai été un peu gênée ici et là par quelques ponctuations étranges ou par l’emploi de vocabulaire parfois un peu too much dans la bouche de Béatrice, mais il n’empêche qu’en plus de nous faire frissonner, l’auteure nous fait souvent sourire.

Orages est une vraie belle surprise. L’intrigue promettait un petit thriller sympa, à base de secrets de village mais au final, l’auteure nous emmène bien plus loin, à la croisée des genres, et j’avoue avoir été carrément bluffée.

 

Estelle Tharreau, Orages, Taurnada.

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