Rangifer tarandus

Si vous avez suivi mes exploits du #Weekendà1000 ces derniers jours, vous savez d’une, que j’ai lamentablement échoué, de deux que j’ai choisi d’entamer ce petit challenge avec un polar nordique, La loi des Sames de Lars Pettersson, parce qu’en période de grand froid, il n’y a rien de mieux. Ayant reçu ce roman dans le cadre des partenariats Livraddict, j’adresse un grand merci à la team ainsi qu’aux éditions Folio pour cette découverte !

Des années de cela, la mère d’Anna s’est éloignée de la laponie norvégienne qui l’a vue naitre et des Sames, un peuple autochtone qui vit encore de l’élevage des rennes selon des traditions ancestrales. Devenue substitut du procureur en Suède, sa fille est pourtant rappelée à ses devoirs envers la famille lorsqu’on lui demande d’aider un cousin en difficulté. Le dénommé Nils est accusé de viol, probablement sur un malentendu lui assure t-on, et c’est Anna qu’on charge de trouver un bon vieil arrangement avec la plaignante pour que le procès soit évité. Mais une fois arrivée au coeur de ces contrées glacées, Anna a le pressentiment qu’on cherche à lui faire jouer un rôle dans une histoire dont elle ne connait pas le scénario. Et dès lors qu’elle s’écarte du schéma pré-établi, les menaces commencent.

Cela faisait un petit moment que je ne m’étais pas replongée dans un bon polar venu du froid, et soyons honnêtes, les auteurs scandinaves sont juste imbattables dans le domaine. Ici, une jeune femme qui ne conserve que de brefs souvenirs d’enfance de ses origines va faire le voyage de Suède jusqu’à Kautokeino, en Norvège pour sortir un cousin de l’embarras judiciaire dans une affaire de viol. Son indépendance de caractère comme le devoir lié à une certaine forme de culpabilité envers sa famille, Anna les hérite tous deux de sa mère, aujourd’hui décédée et à l’origine de sa rupture avec les Sames. Dans cette région reculée, où l’on préfère tout régler « à l’ancienne », Anna, forte de ses compétences juridiques, est supposée gérer la crise avec la plaignante. Mais une fois sur place, les zones d’ombre lui éclatent à la figure et comme il n’est guère dans sa nature de suivre gentiment les ordres, la jeune femme va devoir passer outre le silence, les mensonges, les intimidations et son propre passé pour faire toute la lumière sur une affaire qui pourrait bien s’étendre.

Pour être tout à fait honnête, si l’on s’attache d’abord strictement au polar, j’ai trouvé que le rythme était un peu lent, en dépit du secret et des non-dits omniprésents. Alors certes, régulièrement l’auteur relance le suspense, mais on assiste un peu à un effet « montagnes russes » pas forcément très efficace. Le pitch de départ était pourtant hyper séduisant, mais à mon sens, l’intrigue manque un peu de punch.

ET POURTANT CA NE M’A PAS EMPECHEE D’APPRECIER MA LECTURE ! (Et pas juste parce que j’entretiens une passion étrange pour les rennes, hein.)

Si j’ai eu du mal à me passionner à 100% pour l’enquête d’Anna, j’ai en revanche adoré l’ambiance du roman, à un point tel que j’ai fini par pratiquement le lire comme du nature-writing. Dans La loi des Sames, on découvre des contrées sublimes et terribles à la fois, où un événement aussi anodin qu’une panne de voiture peut te couter la vie tant le froid est violent et les portions de route désertiques infinies. Sous les aurores boréales, Lars Pettersson plonge son héroïne au coeur d’une culture à laquelle elle n’appartient plus qu’à moitié, où l’élevage des rennes conditionne la vie des hommes, où les traditions sont toujours vivaces et où il fait juste, tellement, tellement froid. L’auteur a un style très immersif, très réaliste et on ressent littéralement la brutalité des lieux. Je pense par exemple à la scène exceptionnelle de la collision de la voiture d’Anna avec un renne au début du roman, qui à elle-seule peut résumer le rapport qu’entretient la jeune femme avec ses origines.

Si La loi des Sames n’est pas le polar le plus captivant qu’il m’ait été donné de lire, il n’empêche qu’il vous fera voyager à coup sûr au coeur des régions et de ce peuple plutot méconnus de la laponie, et perso, en grande amatrice de beautés hivernales, j’ai juste été emportée de bout en bout. (La mauvaise nouvelle c’est que ça a dangereusement relancé mon projet d’aller pleurer de bonheur sous les aurores boréales)…

 

Lars Pettersson, La loi des Sames, Folio 

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2 réflexions sur “Rangifer tarandus

  1. C’est le premier week-end à mille que je réussis en deux ans, donc même si je ne suis pas peu fière, promis je ne me moque. #Iknowwhatyou’vebeenthrough…
    J’aime beaucoup la littérature nordique et pourtant je n’ai toujours pas lu de polar scandinave. La honte ! Faut que je remédie à ça !

    Aimé par 1 personne

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