Unsaid

Weekend de trois jours en perspective, soleil et claquage de money en librairie, autant vous dire que je suis au top là en ce moment. (En plus, je viens de faire l’acquisition de nouveaux stabiloboss PASTEL, mon bulletjournal est en mode jpp de joie) Je propose de prolonger la bonne humeur en vous partageant une nouvelle jolie découverte de lectrice Charleston, Constance de Rosie Thomas.

Constance, ou Connie, s’est enfuie loin, très loin de son Angleterre natale, à Bali, un véritable petit paradis terrestre. Mais lorsque sa soeur Jeanette, sur le point de succomber à un cancer, l’appelle, elle n’a plus d’autre choix que de retourner à Londres et de faire face à nouveau à toutes ces choses qu’elle entendait laisser derrière elle : le sentiment de ne jamais être à sa place nulle part, un amour défendu et une profonde rivalité qui a toujours empoisonné sa relation avec Jeanette. Comment pardonner, comment se parler, même si c’est la fin ?

Voilà un bouquin que je rangerai aisément dans la catégorie « montagnes russes ». (Oui, j’ai un espace prévu à cet effet dans ma bibliothèque, avec voix off de fête foraine et lumières qui crament la rétine) Bah oui, parce qu’au bout de cent-cinquante pages, alors que je n’arrivais toujours pas à entrer dedans, que le récit semblait partir dans tous les sens, je me suis dit… Oops, ça sent « le flop de Rosemary ». Et puis en fait pas du tout. L’intrigue m’a emportée sans crier gare (GARE !) et je n’ai pu que m’incliner devant le talent de l’auteure pour évoquer toute la complexité des liens familiaux.

On suit donc Constance, compositrice de musique de pub à succès, qui a fait le choix de s’exiler à Bali. Mais voilà, lorsque Jeanette, cette soeur avec qui elle a coupé les ponts, est sur le point de mourir, elle se doit d’être à ses côtés. Et de retour à Londres, Connie ne peut plus vraiment faire comme si toutes les vieilles rancoeurs appartenaient au passé ou à une contrée étrangère. L’imminence de la fin va alors être le catalyseur de la parole, une parole qui a toujours été étouffée au sein de cette famille. Adoptée, Connie a grandi auprès d’une soeur plus « légitime », atteinte de surdité, aussi solaire qu’elle pouvait être taciturne. Quand Jeanette brillait par ses talents et sa joie de vivre, Constance n’avait d’autre choix que de se distinguer en adoptant des codes plus étranges, plus marginaux. La rivalité des deux jeunes femmes atteint son paroxysme lorsqu’elles tombent toutes deux amoureuses du même homme, l’une, Jeanette, en tant que compagne officielle, Constance, en secret. Bien des années plus tard, même si l’approche de la mort semble avoir apaisé les deux soeurs, le plus dur reste de mettre des mots sur tous ces non-dits.

En parallèle, on suit l’arrivée à Londres d’une jeune femme issue d’Ouzbékistan, en situation irrégulière, qui ne rêve que d’une chose, devenir une véritable londonienne. Naturellement, son destin va se tisser à celui de nos autres protagonistes, mais je me garderai bien d’en dire plus. Ceci dit, c’est quand même le point noir de ce roman à mon humble avis. L’histoire de Roxana ne manque pas d’intérêt mais je trouve qu’elle brouille plus l’ensemble du récit qu’autre chose…

Rosie Thomas nous parle des rancunes, des secrets et des mensonges qui gangrènent certaines familles mais aussi étrangement des derniers instants lumineux où tout peut encore être réparé, guéri. C’est un roman très subtil, qui mérite qu’on persévère au-delà de ses premières pages.

 

Rosie Thomas, Constance, Charleston

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