Monts et merveilles

Oyez, oyez ! Mes très chers pignoufs, on va causer Moyen-âge en cette douce soirée. Repéré sur l’Insta de Chaton / Charmant Petit Monstre, Belle d’amour de Franz Olivier Giesbert me faisait de l’oeil grave depuis un moment. Je l’ai donc emprunté et avalé le temps d’un aller-retour en train Rennes-Disneyland, Disneyland-Rennes, sans même passer par la case Mickey, quel dommage.

Paris, treizième siècle. Tiphanie, dite Belle d’amour, a les attraits d’une déesse, mais très tôt orpheline suite à la condamnation à mort de ses parents, son existence ne sera pas de tout repos. Esclave d’une famille de rustres, pâtissière, troubadour, épouse de bourreau… Tiphanie semble déjà avoir épuisé toutes les vies lorsqu’elle s’engage sur les routes des Croisades, qui la mènent aux confins de l’Orient, au plus près de Saint Louis, qui fera d’elle sa suivante. Eprise d’Islam, de stratégie militaire, mais surtout d’amour et de sensualité, son parcours traverse les âges…

Ca commençait bien, pourtant. Confortablement calée dans mon siège du TGV avec option tablette pleine de miettes du passager précédent, j’étais avide de combler la longueur de ce trajet vu, vu et rerevu avec une belle fresque moyennageuse, pleine d’aventures, de fifrelins et de marauds ! (Elle va s’exprimer comme Godefroy de Montmirail tout du long ou ?…)

Truffé de vocabulaire de l’époque, l’auteur nous plonge dans ce Paris un chouïa inhospitalier du XIIIe siècle, où l’on n’hésite pas à bouillir les copains vivants à tous les coins de rue. J’ai eu l’impression de retrouver mon copain Jean Teulé, ça m’a pas déplu. Tiphanie est une jeune orpheline d’une grande beauté, qui ne va connaitre qu’un bref instant de répit, le temps d’apprendre le métier de pâtissière, avant de tomber sous le joug d’une famille de gros dégueulasses qui vont se faire un malin plaisir de l’exploiter de toutes les façons possibles et imaginables. Mais voilà, un feu irréductible brûle en son sein, depuis le tout début, et notre héroïne sait qu’il ne faut pas désespérer de trouver la grâce, la beauté et l’amour en ce bas-monde. C’est ce qui va lui permettre de se libérer de l’emprise de ses tristes maitres, de faire des rencontres innattendues et de tutoyer les sommets sur les dangereux chemins des Croisades.

Jusqu’ici, SUPER. Sauf que très, très tôt, notre ami FO Giesbert se crée un double, un narrateur de notre XXIe siècle, qui régulièrement, va faire des incursions dans le récit. Et moi, là, ça me coupe la chique direct. Il évoque une histoire d’amour compliquée, un ami hacker qu’il soupçonne d’être salafiste, et fait des parrallèles entre les deux époques concernant nos civilisations occidentale et orientale… Pouinpouinpouinpouiiiiin…

En fait, cela m’a juste donné l’impression que l’auteur n’avait pas du trancher entre le roman et l’essai et qu’il essayait de caser un peu des deux. Problème, lorsqu’on rompt de cette façon le pacte avec le lecteur, moi, ça me gêne, ça m’empêche totalement de me plonger dans un univers. Et le fait que le double en question ne cesse de s’en excuser au fil de ses digressions à encore plus ajouté à mon agacement… De même, certains apports historiques ont beau être intéressants, on ne croit pas un seul instant qu’ils émanent de la voix de Tiphanie… Là encore, l’auteur nous ramène brutalement à la réalité.

Dommage, vraiment, parce qu’on apprend pleins de trucs, notamment sur les origines des croisades, que tous les éléments étaient réunis pour former une superbe aventure, teintée de thriller, mais… Ce choix (ou non-choix) de narration est une belle erreur à mon sens…

 

Challenge des Irréguliers de Baker Street +1 : Le manoir de l’abbaye

 

Franz-Olivier Giesbert, Belle d’amour, Gallimard

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6 réflexions sur “Monts et merveilles

  1. Quel rire ! Mais quel rire ! Je suis bien désolée de ne pas avoir été plus explicite sur mes impressions de lecture car je partage entièrement ton avis. J’ai beaucoup beaucoup aimé toute l’histoire des Croisades (dont avant je ne panais absolument rien, faut dire ce qui est) mais alors l’histoire de pépère à Marseille m’a fait lever les yeux au ciel un nombre incalculable de fois. Comme tu dis, on en a rien, mais alors RIEN à carrer.

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