Coriolano

Si vous avez de bons polars à me conseiller pour l’été, je suis preneuse les gars. Et je vous propose même qu’on s’échange nos recos comme des kini super rares (kids des 90′ dans mes bras). Preum’s avec Miroir obscur d’Ivan Zinberg, découvert grâce aux éditions Critic (Coeur sur eux !) qui nous embarque dans le L.A rance de la presse à scandale.

C’est très bucolique dis donc, c’est la bucolie.

Stephen Barr, gynécologue très prisé des stars à Los Angeles, est retrouvé mort par balles à son domicile. Sur son front, le chiffre 1 a été « gravé ». L’hypothèse de meurtres en série est avérée lorsque des célébrités commencent à subir le même sort. Curiosité, la carte de visite d’un paparazzi nommé Michael Singer a été déposée près des victimes. Naturellement suspecté, Singer entend bien mener l’enquête de son côté afin de comprendre les motifs de son implication dans la sordide entreprise du tueur.

Hein que c’est le genre de pitch dont on a envie l’été ? Efficace à souhait, Ivan Zinberg nous prend à la gorge dès les premières pages avec l’intrusion d’un « homme en noir » dans le domicile d’un médecin très en vue à L.A. Le pauvre type ne fait pas long feu, et près de son corps criblé de balles, on retrouve la carte de notre fameux paparazzi, Michael Singer. Le type en question bosse avec son associée Alison Kostas, ex-flic du LAPD, mais depuis peu, tous deux aimeraient s’éloigner de la presse à scandale au profit d’un journalisme d’investigation plus sérieux, plus engagé. L’opportunité de concrétiser son rêve va se présenter sous une forme inattendue. Son implication dans l’affaire du tueur en série qui secoue tout L.A le pousse à enquêter de son côté et si ses motivations premières sont d’apporter les preuves de son innocence à la police, Singer va vite découvre que de gros tabloïds sont prêts à vendre leur mère payer des fortunes pour le moindre scoop sur l’affaire. Un dernier sale boulot avant les fonds nécessaires pour le journalisme indé en quelques sortes…

L’alternance entre le travail d’enquête atypique de Singer et Kostas, le traitement sensationnel de l’affaire par la presse et les brefs passages dévolus au point de vue du tueur donnent un récit vraiment musclé, qu’on a du mal à lâcher, surtout quand les événements se précipitent dangereusement dans la seconde moitié du roman.

Ivan Zinberg nous plonge dans ce que la presse poubelle recèle de plus crade, quand elle fait les choux gras de meurtres non élucidés. Les articles de presse recréés par l’auteur sont d’un cynisme absolu, accolant vidéos ultra trash, traitement racoleur de l’affaire et annonces publicitaires. Au-delà de l’intrigue prenante, l’auteur nous parle d’un milieu où toute information se monétise, au-delà de la morale ou de la décence. Toute notion de réalité est comme abolie, les individus totalement dépossédés d’eux-mêmes et jetés en pâture à la foule pour un temps incertain. Ambiance.

J’ai beaucoup aimé les personnages, le parti-pris original du paparazzi et de l’ex-flic pour mener une enquête qui en parasite une autre, l’officielle, celle du LAPD. Le point des vue des policiers est des plus intéressants aussi. On retrouve, il parait, ces personnages dans un précédent roman de l’auteur, Etoile morte. #Wishlist

Ce qui m’aura peut-être un peu moins convaincue, c’est le cadre. Dans toutes mes lectures, j’y suis très attachée, et là il m’a manqué quelque chose. Hormis la chaleur, quelques visions des beaux quartiers, on ne se fait pas une idée folle de L.A dans ce contexte particulier où il y avait de quoi faire dans le moite, le dégoulinant, le « behind the glam il y a du verty dirty, darling ».

Mais Rosy chipote, parce que Miroir obscur remplit haut la main la mission du thriller palpitant et malin. A la question « Quel bon polar je pourrais emporter pour matcher avec ma Nivea Sun indice 50 ? » vous avez maintenant la réponse.

 

Challenge des Irréguliers de Baker Street + 1 : L’employé de l’agent de change

 

Ivan Zinberg, Miroir obscur, Critic

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2 réflexions sur “Coriolano

  1. Je suis super reloue en matière de polars/thrillers dans le sens où peu trouvent grâce à mes yeux (suis plus du genre roman policier suranné à la Agatha Christie ou Patricia Wentworth) et là je dois dire que « Miroir obscur » ne me dit rien.

    Bah alors pourquoi tu commentes si c’est pour dire ça ? me diras-tu ^^
    Ben parce que j’ai une recommandation (et quand j’aime un livre, je suis aussi super reloue à son sujet ^^) ! C’est plus un thriller qu’un polar mais c’est l’un de mes coups de cœur 2016 : j’ai nommé Night Film (en français Intérieur nuit) de Marisha Pessl.
    Résumé ici : https://www.amazon.fr/Int%C3%A9rieur-nuit-Pessl-Marisha/dp/2072723655/

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