Shhh…

Dans la catégorie « Titre de bouquin le plus flippant de 2017 », je propose Ne dis rien à papa de François-Xavier Dillard. Je sais pas vous, mais moi, ça m’a tout de suite évoqué toutes sortes d’enfants maudits et autres ambiances sympathiques à la Conjuring.

OKAY, j’ai l’imagination fertile, mais il n’en demeure pas moins que ce roman est réservé aux amateurs de trames sombres. Très sombres. Un grand merci aux éditions Belfond pour cette jolie lecture-frisson !

Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.
Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au coeur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix… Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister. (résumé 4e de couv’)

J’ai préféré vous laisser le résumé éditeur, puisque Ne dis rien à papa fait partie de ces romans, je trouve, dont l’intrigue est difficile à présenter sans spoiler. Pourquoi ? Parce que l’auteur joue un peu les équilibristes tout au long de son récit, oscillant entre les fausses révélations évidentes et les zones d’ombre.

Difficile de ne pas être immédiatement happé par cette histoire, puisqu’on nous catapulte d’emblée auprès d’une victime enterrée vivante. On n’imagine guère situation plus oppressante, plus horrible… Et ce climat d’angoisse extrême, François-Xavier Dillard va le conserver jusqu’à la fin, de bien des manières.

D’une part, il y a cette famille parfaite en apparence. Elle, Fanny, est fleuriste et auteure d’un livre à succès, lui, Mickael, est un artiste qui remplit des commandes pour les plus hautes sphères. Tous deux sont parents de jumeaux, Arno et Victor. Et c’est là que ça se complique : Arno semble constamment saisi d’une mélancolie qui n’est pas de son âge. Quant à Victor, sa mère n’ose mettre des mots sur ce mal qui le caractérise de plus en plus. Poupées décapitées, petits jeux dans noir pour effrayer son frère… Fanny supporte de moins en moins l’atmosphère pesante qui règne à la maison. Et lorsqu’un pianiste de renommée internationale s’installe près de chez eux, Fanny y voit l’opportunité de redonner l’image la plus parfaite qui soit de son foyer, quitte à refouler encore un peu plus les sombres secrets qu’il cache.

En parallèle, dans la plus pure tradition du polar, on suit une enquête menée par le commissaire Dubois, sur de multiples meurtres récents de médecins. Bien sûr, on imagine vite que le thriller psychologique va se mêler à l’intrigue policière, mais on ignore comment. C’est le choix que l’auteur a fait pour son roman, une sorte de labyrinthe, où les fils narratifs finissent tous par se rejoindre.

Ne dis rien à papa est donc un thriller très noir, qui exploite les liens familiaux dans ce qu’ils recèlent de plus tordu, soyons clairs. En revanche, certaines ficelles sont un peu grosses, certains procédés narratifs un brin obvious. En dépit d’une plume fluide et efficace, j’avais parfois la sensation que l’auteur en faisait un chouïa trop dans le sensationnel. Mais on retiendra l’habileté de la construction et ce joli frisson qui ne nous quitte pas jusqu’à la fin. Brrr.

 

François-Xavier Dillard, Ne dis rien à papa, Belfond

4 réflexions sur “Shhh…

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