Girl of steel

Il y avait bien trop longtemps que je n’avais pas alimenté mon addiction au young-adult, vous savez, celle-là même qui vous pousse à entamer une nouvelle saga, ENCORE, alors que vous avez l’équivalent de la tour de Pise en PAL de suites à terminer. Bah ouais mais c’est trop bon. Récemment, j’ai donc dévoré le tome 1 de Diabolic de S. J. Kincaid. Un grand merci aux édition Bayard Jeunesse pour cette découverte !

Némésis est une Diabolic. Même si elle en a l’apparence, elle n’est pas humaine. Programmée dans l’unique but de protéger Sidonia Empyrée, la fille d’un sénateur à laquelle elle sera fidèle jusqu’à la mort, elle est dotée de capacités physiques hors du commun. Lorsque l’Empereur, animé des intentions les plus obscures, convoque la jeune fille à la cour suite aux déplaisants « écarts de conduite » de son père, les Empyrée décident d’envoyer Némésis au casse-pipe à sa place. Alors qu’un récent décret interdit désormais l’existence des Diabolic, considérés comme de véritables machines à tuer, Némésis doit plus que jamais cacher sa véritable nature. Et c’est peut-être au coeur de ce que l’Empire recèle de plus vil qu’une part d’humanité insoupçonnée pourrait éclore…

Je vous plante déjà le décor. Nous sommes dans un futur où seules les masses les plus défavorisées peuplent encore les planètes. Bien à l’abri en apesanteur dans des vaisseaux géants, l’aristocratie se compose de sénateurs vivant en orbite plus ou moins éloignée de l’Empereur. On a nié depuis longtemps toute forme de progrès scientifique, considéré comme une hérésie à l’ordre cosmique quasi magique et tout ce petit monde vit sur les bases de connaissances technologiques obsolètes, maintenues tant bien que mal. Les Empyrée font partie des privilégiés mais ils sont dans le collimateur du pouvoir, la faute à la curiosité scientifique un brin trop gênante de papa. Sidonia, la jeune héritière, vit pour sa part dans un petit Eden auprès de celle qu’elle considère comme sa meilleure amie, Némésis. Peu importe qu’on lui ait répété qu’il ne s’agit que d’une créature, d’une machine dénuée de sentiments, à l’amour programmé et factice, elle sait, elle que la jeune Diabolic est bien plus que cela.

Elevée comme un animal, dans la violence la plus extrême depuis toujours, on a « implanté » l’amour de Némésis pour celle qu’elle doit protéger envers et contre tout. Bien consciente de ne pas être humaine, elle ne comprend pas tous les espoirs que Sidonia fonde en elle, cette naïveté que ne partagent pas ses semblables. Ecrit à la première personne, on entre donc dans la tête d’une héroïne des plus atypiques. Son existence n’ayant de sens qu’à travers Sidonia, Némésis est capable d’envisager d’éliminer froidement n’importe quelle menace. Sa loyauté sans faille couplée à ses capacités physiques sans pareilles font d’elle une arme redoutable. Et c’est bien pour cela que l’Empereur a décidé d’interdire purement et simplement l’existence de ces êtres à l’exception de ses deux gardes du corps, bien sûr.

Déjà, là, j’étais bien emballée. Toute en muscles, redoutable, fine observatrice, Némésis est ultra badass et le fait qu’elle soit pleinement consciente de sa condition m’a immédiatement serré le coeur. Mais alors quand l’intrigue s’emballe et qu’on l’envoie vers une hypothétique mort certaine (oui c’est à la fois hypothétique et certain si ça me chante) dans un véritable nid de vipères, alors là… Totalement hors des réalités, les aristocrates ne s’intéressent qu’aux artifices technologiques qui leur permettent de changer d’apparence au gré de leur humeur (ce qui sera bien pratique pour se faire passer pour Sidonia), aux drogues récréatives et aux scandales. L’empereur ne boude pas son plaisir face aux sévices publiques, son neveu, héritier potentiel, est quant à lui totalement fou, et certains rituels de passage pourraient bien s’avérer mortels… BREF, Némésis voit mal comment elle va bien pouvoir échapper à l’exécution qui l’attend le jour où l’on découvrira la supercherie.

Cette ambiance de paranoïa constante, propre à la cour, est assez jouissive, et on tremble à chaque fois que la jeune file s’expose. Contrainte malgré elle de singer des sentiments, des postures, des conversations face à des professionnels du faux-semblant pourraient cependant révéler une part d’elle qui ne saurait être programmée. Alors, certes, cette évolution est parfois maladroite, notamment dans les revirements un peu répétitifs de type « Eh, peut-être qu’en fait… Non, je ne suis pas humaine… Eh, mais, et si… Non… » Bref, j’ai un peu grincé des dents. Mais elle n’en demeure pas moins ultra touchante, ultra forte et je suis totalement fan de la relation qu’elle entretient avec Sidonia.

Le cadre aurait gagné a être un tout petit peu plus développé lui aussi, mais soyons clairs, l’intrigue est passionnante, les jeux de pouvoir et de manipulation des plus efficaces et les personnages sont vraiment bien brossés. Coup de coeur pour l’héritier fou, notamment.

Si vous voulez retrouver un peu de l’atmosphère malsaine qui règne au Pôle dans La Passe-miroir ou dans le jeu de Caraval, ça ne devrait pas vous déplaire. Hinhin…

 

S.J. Kincaid, Diabolic tome 1, Bayard Jeunesse

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