The Endless Summer

En ce jour de rentrée, je m’adresse aux amis du bon gros déni qui sont toujours à la plage (en vrai ou dans leur tête). Et si on se laissait embarquer dans le milieu secret et fantasmé du surf ? Dans son autobio Jours barbares, William Finnegan retrace la véritable odyssée qu’il a entreprise pour se mesurer aux plus beaux spots de la planète, son été sans fin…

Le surf, William tombe dedans dès l’enfance, entre sa Californie natale et Hawaï. C’est cette addiction magnifique qui va l’entrainer après la fac dans un voyage aux quatre coins du globe, des îles Fidji à l’Australie, en passant par l’Afrique du Sud jusqu’à Madère… Le gosse en fuite, épris de liberté et de littérature va aussi devenir écrivain et grand reporter au New Yorker, sans que cela n’entame son lien indéfectible avec l’océan.

Présenté comme LE livre de l’année par la revue America, Jours barbares me faisait méchamment de l’oeil depuis des lustres. Pas comme si le surf était spécialement ma passion, pour être honnête, je n’y connaissais rien du tout avant d’ouvrir ce bouquin et si les types du spot de la Torche (BZH) m’ont toujours laissée sur le cul, il n’empêche que ce n’est pas ce qui m’a d’abord donné envie d’ouvrir ce pavé. Non ce qui m’a parlé, en premier, c’est la Californie des années 60-70, et la promesse d’un joli morceau de littérature américaine.

Pourquoi donc, en tant que noob total (on dit même kook) du surf, ai-je été totalement emportée par les mémoires d’un surfeur qui n’hésite pas à relater avec moult détails ses sorties en mer ? D’abord parce que William Finnegan raconte vraiment très bien. Il a beau user de jargon (détaillé à la fin du bouquin), évoquer la taille de la planche et les techniques pour prendre la vague, tout ce qui nous reste c’est l’image saisissante de l’homme face à l’océan, en équilibre entre liberté absolue et pure terreur. Des plages paradisiaques aux mers déchainées, on y est, simplement. Ensuite, parce qu’il entreprend de démolir tous les fantasmes qui gravitent autour du surf. Ce n’est pas un sport, c’est une obsession, un art de vivre, assorti de codes aussi nombreux que complexes, de brutalité et de compétition. Aux belles images de feux de camps, de ukuleles et de peaux tannées se substituent les piaules cradingues, les tympans éclatés, les têtes brulées pervers narcissiques et ces instants où la mort est toute proche. Conscient de sa nature un brin tyrannique à l’époque, William parle de ce besoin irrépressible de ne pas rater une vague, quitte à y laisser petite amie, famille, responsabilité ou bon-sens.

Et en même temps, c’est une existence à contre-courant (lourdeur de la vanne) qu’il choisit, sans possession autre qu’une bonne planche et de quoi écrire tout au long de son immense road-trip. Alors je ne dirai pas que je n’ai trouvé aucune longueur dans ces mémoires de surfeur hardcore, mais la plupart du temps, j’ai été fascinée par cet été sans fin, quasi mythique, relaté avec la rigueur journalistique et la plume littéraire de Finnegan.

A lire avec les Doors dans les oreilles.

 

William Finnegan, Jours barbares, Editions du Sous-sol

2 réflexions sur “The Endless Summer

  1. Pingback: C’est le 1er Octobre, j’balance tout #9

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