Jolie Rose

Je vous préviens…

C’est dit. On peut donc gaiement discuter d’une de mes découvertes Charleston de cette année (félicitations aux heureuses élues pour 2018 en passant !), Les lendemains avaient un goût de miel de Marlène Schiappa.

Dans le train de retour de Milan, Justine se retrouve face à une étrange boîte. Après le décès de son arrière grand-mère, alors que ses deux soeurs ont hérité de tous les biens de valeur, c’est tout ce que « Jolie Rose » lui a laissé. Une simple boîte, remplie d’objets hétéroclites sans grand intérêt apparent. Mais ce que Justine ignore, c’est que son contenu révèle tout de aïeule, et répond à une question qu’elle lui a posé, autrefois, et qui ne semblait plus avoir tellement d’importance… jusqu’à ce jour.

Alors moi, j’étais quand même doublement curieuse de découvrir ce fameux roman. D’abord parce que Marlène Schiappa est quand même notre Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes (ça claque un peu, surtout qu’elle n’a pas eu le mauvais goût de nous sortir un essai sur sa vie et son programme politique pour les prochaines présidentielles comme d’autres) et qu’elle a fondé l’association Maman travaille, spécialisée dans les questions d’égalité face au travail et à la parentalité. Ensuite, parce qu’elle a dirigé un ouvrage que j’ai lu et adoré récemment, Lettres à mon utérus. Une femme qui parle des femmes, aux femmes, ça me parle. Mais Marlène Schiappa romancière, ça donne quoi ?

Et bien j’ai été agréablement surprise par ce joli roman, très largement inspiré de la propre histoire familiale de l’auteure, qui a fait un long travail de recherche généalogique. A travers cette histoire, Marlène Schiappa rend hommage aux femmes qui l’ont précédées, et en particulier à Justine Carminati, son arrière grand-mère, rebaptisée Rose.

D’un côté, il y a la voix posthume d’une vieille dame qui attend désespérément des nouvelles de son arrière petite-fille, la seule qui à l’époque, avait posé une question essentielle sur son passé. Comme elle ne lui rend pas visite, elle décide de lui écrire et de lui raconter son histoire. De l’autre, il y a cette arrière petite-fille, maman blogueuse, en instance de divorce, dans ce train avec cette boîte entre les mains, un peu au milieu de nulle part, dans un moment suspendu. Emportée par le récit de son aïeule, par les drames de l’enfance, la crainte des hommes, la perte d’un frère, et une grande histoire d’amour italienne, Justine va y trouver un écho à sa propre existence.

Là où beaucoup n’y seraient pas parvenus, Marlène Schiappa mêle à merveilles les deux époques, les deux tonalités, avec gravité parfois, avec beaucoup d’humour souvent. L’une a connu la guerre, l’autre baigne dans les réseaux sociaux mais elles ont en commun d’appartenir à la gent féminine et à travers leur rôle de mère, d’épouse, et avant tout de femme, leurs destins se répondent à travers le temps.

A l’mage de son titre, cette histoire est très douce, avec ce qu’il faut d’irrévérence et d’engagement féministe pour me plaire. Tout léger mais pas gnangnan, je le conseille pour la PAL « Evacuer le stress de la rentrée » ou « Petit réconfort en pleine maladie d’hiver ». (Nan, le fait que je tousse H24 et que je ne cesse de me plaindre que je suis à l’article de la mort ne déteint pas du tout sur mes chroniques, je sais rester pro).

 

Marlène Schiappa, Les lendemains avaient un goût de miel, Charleston

6 réflexions sur “Jolie Rose

  1. Je me disais bien que ce nom m’était familier, même si je ne suis pas française. Du coup, je te remercie d’avoir éclairé ma lanterne sur ce point. Ensuite, qu’est-ce que ça fait du bien quand un politique ne sort pas un livre de… politique. Du coup, je vais peut-être y jeter un coup d’œil surtout si tu dis que ça en vaut la peine.

    Aimé par 1 personne

    • Oui hein, il n’y a rien de plus détestable que ces hectares de forêt gâchés chaque année avec l’ego de truc et les pensée intimes de machin sans AUCUN rapport avec le calendrier électoral bien sûr.
      Ici on est vraiment dans tout autre chose.

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  2. Ce gif !
    Et soutien moral, hein, parce que je suis dans le même état, proche de la mort et tout.

    Tu me tentes pas mal avec ce bouquin, je lui donnerai probablement une chance ! Et je ne savais pas du tout que c’était aussi Marlène Schiappa qui avait dirigé Lettres à mon utérus (que j’ai dans ma pal depuis ta chronique, il me semble ^^)

    Aimé par 1 personne

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