Milk and honey

J’adorerais être le genre de personne qui lit de la poésie. Vraiment. Parfois je retombe sur un sombre et merveilleux poème de Baudelaire, et je me dis que  » Allez ma fille, c’est décidé ! Dès ce soir, je vais me plonger dans la lecture suivie des Fleurs du mal ! » …Sauf que ça n’arrive jamais. Et puis il y a peu de poètes qui me touchent en plus. Alors je laisse ça aux autres… Mais cette année, dans le cadre de l’aventure Charleston qui touche déjà presque à sa fin (:(), j’ai eu la chance de pouvoir découvrir une oeuvre un peu particulière puisqu’il s’agit… Je vous le donne en mille… d’un recueil de poésie. Et là, sans crier gare, le coup de coeur, le beau, le vrai, et l’imprévu surtout.

Construit en quatre chapitres, Souffrir, Aimer, Rompre et Guérir, ce recueil de poèmes nous raconte une femme, son expérience très personnelle de la vie, douloureuse mais teintée de lumière aussi. Et dans sa prose, elle fait aussi vivre toutes les femmes, leur rapport à l’amour, à leur corps…

L’entrée dans ce recueil a été plutôt abrupt, et j’imagine que c’est une volonté de l’auteure qui ouvre le bal avec un chapitre intitulé « Souffrir ». Evoquant des abus sexuels subis très jeune, dans un style certes poétique mais très direct, Rupi Kaur happe tout de suite son lecteur, le bouscule, l’empêche de fermer les yeux en quelques sortes. Mais « Souffrir » c’est une étape au sein d’un parcours de femme qu’elle nous livre avec une honnêteté et une délicatesse rares. Tour à tour, elle évoque son rapport aux hommes, à la maternité, à l’amour, à son corps et à ses représentations, aux interdits, aux tabous, aux désirs, à la sensualité, à la liberté… Bref, tout ce qui fait d’elle une femme et un individu à part entière.

En me posant après ma lecture, je me suis rendue compte que j’avais « apprivoisé » sa prose. La plupart de ses poèmes ne sont formés que de quelques mots seulement, mais chacun recèle une pensée unique. Et ce qui m’a touchée, je crois, c’est le ton très impudique qu’elle emploie. Que je m’explique, dans ce contexte et dans ma bouche, ça n’a aucune connotation négative, bien au contraire : on a la sensation qu’elle couche ses pensées sur le papier, comme ça, comme si c’était juste pour elle. Certaines phrases me sont allées droit à l’intérieur.

Et puis les images qu’elle convoque sont souvent très belles, rehaussées par de jolis dessins, comme esquissés à main levée. L’un de mes poèmes préférés, c’est probablement celui-là :

« ce que j’aime le plus chez toi c’est ton odeur

tu sens

la terre

les herbes

les jardins

un peu plus

l’humain que les autres »

Un petit trésor à garder précieusement, à relire encore et encore et à offrir aux femmes et aux filles qui comptent pour vous.

 

Rupi Kaur, Lait et miel, Charleston

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