« These violent delights have violent ends. »

Comme toujours ou presque avec mes lectures Charleston, je m’étais bien gardée de lire le moindre résumé avant de me lancer dans ma lecture et j’avoue que je n’aurais jamais imaginé être emportée aussi loin par le premier roman d’Anne Fortier. Amateurs de réécritures et de thrillers historico-ésotériques, vous allez être servis avec Juliette !

A la mort de sa tante, Julie hérite seulement d’une clé et de l’adresse d’une banque à Sienne. La jeune femme entreprend le voyage pour l’Italie, curieuse d’élucider le mystère. Au coeur de cette ville de Toscane, Julie va entrer en possession de manuscrits très anciens, racontant l’histoire de la Juliette la plus célèbre de la littérature. Tolomei, c’était son nom. Lorsque Julie découvre qu’il s’agit de son ancêtre, la réalité rejoint la fiction. Tout ce qui faisait le sel d’un de ses histoires favorites, les meurtres, les complots, les passions et la malédiction qui pèse sur sa famille prennent alors un tour autrement plus déplaisant…

Le début, je l’avoue, m’a d’abord laissée un peu… circonspecte (oui, elle utilise ce genre de mots). Le coup du mystérieux héritage, notre Julie passionnée par Shakespeare qui découvre tout à coup qu’elle descend de son héroïne… Je me suis dit : ça va être un peu trop gros pour toi ma grande. Mais, très vite, les choix qu’Anne Fortier a fait pour son intrigue ont totalement remporté mon adhésion. Alternant les passages entre présent et passé, à mesure que Julie lit les manuscrits palpitants laissés à son intention, l’auteure prend le parti de nous raconter les « véritables » Roméo et Giulietta, ceux qui ont inspiré Shakespeare. Oubliée Vérone, oubliés Capulet et Montaigu, au profit de Sienne au XIVe siècle, des Tolomei, Marescotti et Salimbeni, de grandes familles ayant réellement existé. Mêlant faits, lieux historiques et imaginaire foisonnant, ce roman propose une très jolie réécriture de Roméo et Juliette, en même temps qu’un thriller palpitant puisque le récit qui défile sous les yeux de Julie aura un impact considérable sur sa propre existence, elle qui se retrouve au coeur d’une ville où les plus grandes lignées entretiennent toujours leur rivalité.

Honnêtement, même si j’avais adoré le Da Vinci Code (lecture qui date d’un siècle et demi à peu près), depuis je n’ai pas lu beaucoup de romans de la même veine, n’étant pas une grande adepte du genre. Mais là, on retrouve un peu le même frisson.

Le style est également très fluide, très étudié dans les passages dévolus à l’histoire de nos héros tragiques, même si j’ai été un peu heurtée par le décalage avec le présent, où le registre se fait beaucoup plus léger, dénotant un petit peu à mon goût.

C’est un joli roman que je vous conseille, que j’aurais personnellement bien gardé pour les vacances. Parce que l’aventure, parce que le suspense, parce que Sienne et son mystère… Et puis aussi pour l’éternelle belle histoire d’amûûûr, évidemment.

 

Anne Fortier, Juliette, Charleston

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