Aut viam inveniam aut faciam

Oui, on ne m’arrête plus en ce moment sur le blog, mais je tenais à tout prix à vous parler de ma dernière lecture du #ColdWinterChallenge avant qu’on ne soit plus du tout en hiver ! (Aucune exagération de ma part.) Pour le menu « Flocons magiques », où il s’agissait de lire un roman fantastique ou de fantasy, j’ai choisi de sortir de ma bibliothèque le premier tome de La Voie des Oracles d’Estelle Faye.

(Il fait moins 8000 dehors, que je ne ferais-je pas pour vous mes licornes ?…)

L’Empire romain est passé aux mains des chrétiens et tous les adeptes des anciennes religions païennes sont traqués sans relâche. Aussi le général Gnaeus Sertor a préféré cacher sa fille Thya dans sa résidence en Gaule, au coeur de la forêt d’Aquitania. Et pour cause, la jeune fille a hérité d’un don aussi puissant secret dans la famille, celui de voir l’avenir. Lorsque le héros de guerre est laissé pour mort par une bande de Pictes, Thya décide de faire appel à son pouvoir afin d’échapper à l’emprise de son frère et de tenter de sauver son père. Le chemin n’est pas très clair, mais une vision lui souffle d’entreprendre un grand voyage vers la mystérieuse cité de Brog, où Gnaeus Sertor connut l’une de ses plus grandes victoires sur le champ de bataille.

Je crois que beaucoup de lecteurs ont découvert et aimé Estelle Faye avec cette trilogie. Perso, j’avais commencé avec Les Seigneurs de Bohen, un roman de dark fantasy paru chez Critic l’année dernière que j’avais adoré. A l’origine, La Voie des oracles est une trilogie jeunesse, mais elle n’a pas été rééditée en poche chez Folio SF par hasard, puisque le talent de l’autrice réside dans sa capacité à parler à tous les publics.

Ce roman de fantasy… peplum ? (j’ignore si ça existe, je viens d’inventer, ne me brisez pas les rotules)… nous entraine au début du Ve siècle après Jésus-Christ, en Gaule. Entre les attaques des barbares et les intrigues politiques, l’Empire romain décline dangereusement. L’heure n’est plus à la célébration des grands héros de guerre, mais bien aux assassinats de couloir et à la traque des païens qui oseraient se détourner de ce nouveau christianisme écrasant. Thya, elle, est une jeune fille de seize ans, cloitrée depuis toujours dans une bâtisse appartenant à son père, le général Gnaeus Sertor. Ce dernier, ayant découvert le don chez elle, a préféré la cacher aux yeux du monde. Mais la menace est constante, surtout que son autre fils, Aedon, fait partie de ces politiciens avides de pouvoir qui n’hésiteraient pas un seul instant à la dénoncer, s’il apprenait son secret. Aussi l’attaque contre le général, le laissant entre la vie et la mort, fait tomber le dernier rempart qui la protégeait.

Même si Thya ne connait pas grand chose du monde, les récits de son père et surtout ce don qu’elle chérit autant qu’elle déguise font d’elle une jeune femme débrouillarde, qui n’hésitera pas longtemps à se lancer à l’aveugle dans une aventure périlleuse, autant pour sauver la vie de son père que pour échapper à l’emprise qu’entend désormais avoir Aedon sur elle. En quelques chapitres seulement, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir énormément d’empathie pour elle, et il en va de même pour les autres personnages qui viendront bientôt l’aider dans sa quête. #EnochLeMaquilleurOnTaime

Estelle Faye ne nous propose pas forcément une intrigue au rythme fracassant, mais la beauté et l’exigence de son univers font tout dans ce roman. Sans jamais tomber dans des exposés historiques assommants, l’autrice brosse le portrait de cette époque très sombre, très incertaine, d’une façon simple, directe, qui je pense, est le fruit d’un travail de recherche assez balèze. Et en même temps, j’ai retrouvé ce que j’avais adoré dans Les Seigneurs de Bohen, c’est qu’une galerie impressionnante de créatures, de divinités issues de la mythologie celte, étrusque, de la Rome antique jalonnent son récit. Sans parler de son propre imaginaire en termes de magie… La connexion sensuelle entre Thya et l’ancien monde est l’un des plus jolis fils de ce roman.

Je lirai la suite avec plaisir, d’autant que ça y est, le troisième et dernier tome est sorti en poche hier. Y a plus qu’à.

 

Estelle Faye, La Voie des Oracles tome 1, Thya, Folio SF

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