Un peu d’ombre dans la lumière

Perso, j’adore les thrillers psychologiques. C’est peut-être le sous-genre le plus perturbant (le meilleur donc) de la littérature noire. Mais soyons honnêtes, après le triomphe assez récent de très bons auteurs comme Gillian Flynn ou S.J. Watson, beaucoup de romans se sont engouffrés dans la brèche… avec plus ou moins de succès. (et parfois moins que plus – je tiens à créditer Baptiste Lecaplain pour cette vanne) Si comme moi, vous êtes amateurs de fictions et de personnages bien fucked up dans leur tête, ne désespérez pas, de très bons livres sont publiés, en témoigne ma dernière découverte de la #TeamThrillersCHM, Juste avant la nuit d’Isabel Ashdown.

Jess et Emily, deux soeurs qui se sont perdues de vue depuis plus d’une dizaine d’années, se retrouvent pour les funérailles de leur mère. Désireuse de resserrer enfin leurs liens, Emily propose à Jess de venir s’installer chez elle, sur l’île de Wight, auprès de son époux James et de leurs deux enfants. Le couple sort un soir pour le premier de l’an, confiant à Jess la garde de leur bébé, la petite Daisy. A leur retour, tout bascule. Daisy a disparu. Jess est confuse et ne parvient pas à se souvenir de ce qui s’est passé. Les vingt-quatre heures suivant la disparition d’un enfant étant cruciales, la police s’empare rapidement de l’enquête. L’inspectrice Jacobs interroge naturellement les membres de la famille, effondrés. Mais très tôt, les récits sonnent étrangement… Des petits mensonges, trois fois rien, qui pourraient fissurer le vernis de ce si joli tableau.

Pourquoi est-ce que j’ai aimé Juste avant la nuit ? Parce qu’avec ce roman, on revient vraiment à l’essence même du thriller psychologique. Un huis-clos, la disparition d’un enfant, des personnages à qui on ne peut absolument pas faire confiance et une intrigue maitrisée du début à la fin, savamment dévoilée… tels sont les éléments qui composent la recette hyper efficace d’Isabel Ashdown.

L’intrigue principale est toute simple, à savoir la disparition d’un bébé. La seule qui aurait pu témoigner, c’est Jess, mais voilà, elle n’a aucun souvenir de ce qui a bien pu se produire. Forcément, dès le début, ça ne nous inspire pas confiance tout ça. Mais j’ai envie de dire… rassurez-vous, vous vous apprêtez à entrer dans une histoire où TOUS les personnages sont suspects. Vous vous rappelez de cette nuit blanche, le nez fourré dans votre Agatha Christie, quand vous deveniez dingues à force d’essayer de trouver QUI dézingue les petites statuettes (et les gens) ? Ben le niveau de paranoïa est assez similaire ici.

Il va falloir attendre (et c’est ce qui fait tout le sel du roman) que l’alternance des points de vue entre Jess et Emily commence à nous révéler les petites dissonances dans les discours et les comportements de chacun. L’autrice joue sur les flash-backs et une fois encore, le procédé est une réussite (Parce que ça aussi, c’est franchement casse-gueule) et n’entame pas du tout le rythme de l’intrigue, bien au contraire.

Même si le propos ne révolutionne pas le genre, la psychologie des personnages est vraiment creusée. Chacun réagit à sa façon à cet événement dramatique sur lequel ils n’a aucune emprise, entre solidarité, colère, tristesse et repli sur soi. Et en tant que lecteur, on se prend à disséquer ces comportements, dans l’espoir de trouver des réponses. Mais tout ce que je peux vous dire, c’est qu’Isabel Ashdown a juste décidé de vous balader comme il faut.

Mais, me direz-vous, pourquoi tu n’as pas tagué cet article #coupdecoeur, tellement du fangirles depuis tout à l’heure ? Et bien, on n’est pas passé loin les gars, je l’avoue. Ce qui m’a manqué, c’est juste un style plus affirmé. L’écriture est fluide, agréable et elle fait le job pour accompagner l’intrigue. Mais certains passages, dans la tension extrême ou le malsain, auraient pu me coller vraiment le frisson si l’écriture avait été moins neutre. Et si je chipote, c’est parce que j’ai vraiment aimé, hein.

 

Isabel Ashdown, Juste avant la nuit, Cherche Midi

7 réflexions sur “Un peu d’ombre dans la lumière

  1. Ah elle me titille là, gravemenent bien ! Justement, je me faisais la réflexion l’autre jour avec moi-même que ça faisait un paquet de temps qu’il n’y avait pas eu un bon thriller psycho à la Gone Girl ou Fille du train et que ça manquait bien dans le paysage. JE NOTE. Et je prie bien fort pour que ma médiathèque se décide à l’acheter.

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