« Youth has no age. »

Je crois que ma boite aux lettres a été en mode « pump it up » pendant un moment après avoir englouti cette petite friandise colorée qui la change de la taxe d’habitation. Les éditions Calmann Levy (un grand merci !) ont eu envie de partager leur coup de coeur avec plusieurs blogueurs et je me suis retrouvée avec cette surprise entre les mains et l’envie de me jeter dessus à peu près comparable à une troisième démarque de soldes imaginaires en librairie.

C’est un matin comme les autres pour Louis et sa mère qui s’apprêtent à aller bruncher avec mamie. Lui ne se presse pas et ne pense qu’à trouver les mots pour lui confier qu’il est amoureux pour la première fois. Elle s’agace de cet ado qui a la tête dans les étoiles et qui leur fait perdre un temps précieux à tous les deux. Vexé, Louis part devant, en skate, bien trop vite, alors qu’elle a l’oreille vissée à son téléphone. Et tout bascule en un instant. Pétrifiée, Thelma réalise que son fils a été percuté par un camion. A l’hôpital, le médecins ne sont pas très optimistes. Si Louis ne se réveille pas de son coma d’ici quatre semaines, il faudra le laisser partir. C’est peut-être au moment où Thelma pense ne plus tenir qu’elle tombe sur un mystérieux carnet dans la chambre de son fils. A l’intérieur, il a fait la liste de toutes les choses incroyables, mais réalisables, qu’il aimerait faire dans sa vie. Toutes ces merveilles lui donnent une idée. Au lieu de laisser s’égrainer ces jours de sursis en vain, elle va les faire pour lui, tout lui raconter, et peut-être alors qu’il aura envie de revenir auprès d’elle…

Si vous avez peur de vous embarquer dans une histoire larmoyante (le pitch me l’avait aussi fait craindre au début), pas d’inquiétude, La chambre des merveilles porte son titre et sa couv comme un gant, on est dans le feelgood book, le vrai.

Thelma est une working girl mariée à son job. Dans l’immense boite de cosmétique parisienne où elle bosse, il ne fait pas bon parler de ses enfants, sous peine d’être vite hors course. Elle n’en aime pas moins son fils, Louis, à la folie, mais sa nonchalance de préado, son absence totale de responsabilité et sa passion pour le foot ont parfois le don de lui taper sur le système.

Bien sûr, l’accident tragique qui lui tombe dessus sans prévenir, aussi absurde que cruel, va bouleverser tout son univers. Bientôt, les crèmes anti-rides et les powerpoint pour le grand manitou n’ont plus aucun sens, ne reste plus que la douleur, terrible, animale. Et puis l’espoir, fragile, va renaitre avec la découverte du fameux carnet des merveilles. Lorsqu’elle s’embarque dans cette aventure hallucinante, Thelma ignore encore qu’elle s’apprête à commencer à vivre. Et c’est bien le véritable propos du livre.

Déguster des plats à l’aveugle au Japon, monter dans un taxi et hurler « Suivez cette voiture ! », suivre un stage de foot intensif… Thelma doit remplir des objectifs qui ne sont clairement « plus de son âge » et qui vont autant lui en apprendre sur son fils que sur elle. J’ai pris énormément de plaisir à voir notre quadra compléter la wishlist de son fils. Et lui aussi nous parle depuis ce non-espace-temps où il est piégé. Avec fierté, surprise, circonspection et ce second degré qui n’est pas de son âge non plus, Louis découvre le Pékin (Tokyo) Express de sa mère et cette immensité d’amour qui voudrait être assez forte pour le ramener.

La grande force de ce roman c’est la plume pétillante de Julien Sandrel. Cette histoire aurait rapidement pu tomber dans le gentil niaisou mais grâce à ses nombreux traits d’humour, à son sens de la poésie du réel, et ben il nous colle juste le smile quoi. Je n’ai pas été bouleversée comme certain.e.s, peut-être parce que le ton a parfois un je-ne-sais-quoi de surréaliste (pas désagréable d’ailleurs) et que certaines idées sont un peu convenues. Il n’empêche que c’est une lecture qui fait du bien, qui donne envie de créer sa propre liste de trucs à faire au plus vite. (Moi j’ai déjà « Pleurer devant une aurore boréale » et « Manger la tête de mon lapin de Paqûes de toute urgence » et vous ?)

 

Julien Sandrel, La chambre des merveilles, Calmann Levy

2 réflexions sur “« Youth has no age. »

  1. Tout d’abord grosse mention spéciale pour ce gif parfait et approprié👌🏼😍

    J’ai plusieurs fois entendu les éloges de ce roman et c’est vrai que rien qu’en la couverture met du baume au cœur (ça me rappelle un peu les pantalons de notre adolescence 😬)

    Je note je note- et Puis bon, bien sûr, on valide tout ce qui se rapporte au wish list/Bucketlist/todolist et autre machinchoselist donc … 😃

    Aimé par 1 personne

    • Oh toi aussi ca te rappelle des souvenirs ? Gerard Way sera toujours un petit peu mon héros.

      Et oui je pense que ça pourrait te plaire, c’est une petite lecture qui fait du bien et qui tombe pas non plus dans le bon sentiment !

      (Et oui, à partir du moment où c’est dans la wishlist, y a droit toussatoussa… 😋)

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