“Le fait d’être né augure mal de l’immortalité.”

En général, quand tu te retrouves à devoir foncer en librairie pour acheter un tome 2 alors même que tu n’as pas achevé la lecture du premier… j’ai envie de dire que ça sent bon. C’est précisément ce qui m’est arrivé avec La Faucheuse de Neal Schusterman, la petite lecture (pour moi) relecture (pour elles) commune avec les keupines Chaton, Pop et Cha’. Les gars, on va parler coup de coeur SF young adult, et vous êtes clairement pas prêts !

Grâce au Thunderhead, une intelligence artificielle toute puissante mais pacifique qui gouverne l’ensemble de la planète, l’humanité s’est débarrassée des systèmes politiques et ses cortèges de corruption, toutes les richesses ont été correctement réparties, les meurtres et crimes en tous genres sont de l’histoire ancienne et surtout, l’ensemble de la population est devenue immortelle. Problème : la planète n’est toujours pas extensible et il faut bien limiter l’expansion démographique. C’est dans cette optique qu’a été créée la communauté des Faucheurs, une poignée d’élus chargés de mettre fin à la vie d’un pourcentage raisonnable de leur concitoyens chaque année. Lorsqu’un éminent faucheur, Maître Faraday, décide de prendre les jeunes (et pas franchement emballés) Rowan et Citra comme apprentis, il ignore à quel point ce choix s’apprête à bouleverser l’ensemble de l’ordre établi, en particulier à l’heure où des voix dissonantes s’élèvent au sein de la respectable communauté des Faucheurs.

Là, tout de suite, j’ai un peu le cerveau qui bouillonne dans tous les sens à l’idée de vous parler de ce livre mais si je devais vous donner une seule raison de le lire, ce serait celle-ci : ce roman combine à merveille l’élan, la vigueur de la littérature jeunesse et la rigueur, la précision de la SF adulte.

Mais on va pas se priver d’évoquer les mille autres raisons, pas vrai ?

Un univers si fouillé et si cohérent en SF young-adult, ça ne se trouve pas dans toutes les chaumières. Neal Schusterman nous plonge dans un univers « post-mortalité », où l’existence est si longue (infinie en fait, par définition ça dure des plombes, genre toujours) que la plupart des gens vivent dans l’inertie la plus totale. Les institutions telles que l’école ou le travail sont conservées dans le seul dessein d’occuper un peu la population et de lui donner un semblant de but… En gros, on ne risque plus rien mais qu’est-ce qu’on se fait c… A travers l’apprentissage de Citra et Rowan, mais surtout les extraits de journaux de faucheurs (peut-être les passages les plus passionnants), cet univers devient de plus en plus riche et vraisemblable à mesure qu’on avance dans notre lecture. Et la passion de Rosy, c’est quand même le traitement de l’I.A : pour une fois qu’on nous épargne le cauchemar du grand méchant robot qui veut détruire la planète… Neal Schusterman en a fait un véritable instrument de neutralité, de paix et d’objectivité. (trois qualités dont les hommes sont souvent dépourvus, merci bisou)

Mais bon… Plus de risques ? Presque. La possibilité infime de se faire zigouiller du jour au lendemain par un faucheur pour valider les stats de l’année reste réelle. Plus de corruption, plus d’intrigues ? Dans la société civile, certes, mais au-dessus des lois, les faucheurs se déchirent. Si dix commandements régissent sévèrement l’action de ces anges destructeurs, si l’éthique et le devoir doivent être le seul moteur, il n’en demeure pas moins que le jeu d’alliances de certains semble cacher de plus sombres perspectives. Et forcément, c’est un délice de suivre tout cela.

Quant aux personnages, mes préférés sont ceux dont je ne peux pas vous parler pour cause de politique de non spoil. En revanche, j’ai adoré suivre le parcours de Rowan, un ado un peu à part mais qui va se révéler dans son apprentissage. Citra, elle, m’a moins plue. Je m’attendais à ce que sa rebel’attitude bouscule un peu l’intrigue, mais j’ai vite perdu de l’intérêt pour l’évolution de son personnage. Peut-être le seul petit bémol pour ma part. Il n’empêche que l’intrigue principale nous tient franchement en haleine, que l’auteur ne s’éparpille jamais… jusqu’à une fin… MAIS UNE FIN.

J’ai franchement ralenti sur les sagas jeunesse depuis quelques temps, mais là, si je devais n’en conseiller qu’une en ce moment en dystopie, ce serait vraiment celle-là. Des heures de bingereading et de plaisir en perspective mes licornes.

 

Neal Schusterman, La Faucheuse, tome 1, Collection R

12 réflexions sur ““Le fait d’être né augure mal de l’immortalité.”

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