Le coyote manqué

Entre la littérature américaine et moi, ça a toujours été une grande histoire d’amour. Si je réfléchis bien, l’essentiel des romans qui m’ont marqué et qui me marqueront à vie sont des romans américains (Ellis, Salinger, Steinbeck, big up à vous). Aussi il était impossible de passer à côté du mythique Jim Harrison plus longtemps. Pour cette première incursion, j’ai choisi Nord-Michigan et ses quelques deux cent pages de douce mélancolie.

(Comme c’est bucolique, c’est la bucolie !)

Joseph, instituteur dans une petite ville de campagne du Nord-Michigan, vit seul avec sa mère dans la ferme où il a grandi. A plus de quarante ans, il sait qu’il devrait épouser Rosalee, la femme qu’il a toujours aimée, mais leur fiançailles s’éternisent. Joseph passe le plus clair de son temps à chasser, pêcher et se repaitre de ce monde animal qui l’apaise tant. Un jour, il ira voguer sur l’océan et il verra toutes les créatures marines qui le fascinent dans ses livres. Mais sa petite vie tranquille est bientôt bouleversée par Catherine, l’une de ses jeunes étudiantes, qui le plonge dans une passion sensuelle inédite.

Je vous parlais de mélancolie parce qu’elle est présente partout dans cette histoire. Elle se niche au creux des personnages, de cette bourgade paisible mais sans véritable horizon, des saisons qui se succèdent et qui forgent la nature et les hommes… Elle conditionne même le rythme lent et contemplatif de ce roman.

Nous sommes dans les années 60, Joseph a quarante-trois ans et il est à cet instant de sa vie où beaucoup de choses sont derrière lui et au moins autant devant, si seulement il ne s’évertuait à rester dans cette douce inertie. L’arrivée de Catherine, jolie sirène, aussi vive d’esprit qu’excitante, pourrait tout bouleverser ou n’être rien d’autre qu’une distraction, une échappatoire de plus. Oscillant entre passé et présent, Jim Harrison nous offre un véritable portrait d’homme avec une puissance évocatrice assez dingue. Et puis la nature y est omniprésente, foisonnante… Après plusieurs décennies de vie à la ferme, de pêche et de chasse, Joseph envisage de plus en plus difficilement de mettre fin à la vie des bêtes, nostalgique d’une époque qu’il n’a pas connue, celle où l’animal n’était chassé que par nécessité.

C’est un livre court, mais qu’on ouvrira seulement si l’on a du temps à lui consacrer, afin de s’immerger au mieux dans cette atmosphère particulière et cet océan de tranquillité, de rêverie et de regrets à venir.

 

Jim Harrison, Nord-Michigan, 10-18

13 réflexions sur “Le coyote manqué

  1. Hello! J’espère que tu vas bien! je voulais te dire que le week-end dernier j’ai pensé à toi: j’ai trouvé le livre American Psycho en vide-grenier! Je vais pouvoir améliorer mes connaissances en littérature américaine. (j’espère juste que j’aurai le coeur suffisamment accroché x'( )

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