PO

Terminons la semaine en mode « upperclass », voulez-vous darling ? Il y a quelques temps, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour une Masse Critique privilégiée sur Babelio pour un roman tellement, tellement chouette… Et tellement britannique aussi ! L’Invitation d’Elizabeth Day n’a rien à envier aux canons du genre « grattons le vernis de la haute-société et detterrons des cadavres, mais avec le petit doigt en l’air stépliz ». Un grand merci, donc, à Babelio et aux éditions Belfond pour cette lecture !

Martin Gilmour, fils unique issu d’un foyer très modeste, n’était pas destiné à tutoyer les sommets de la haute-bourgeoisie britannique. Mais une banale bagarre dans le pensionnat chic où il était admis comme boursier lui a permis de croiser la route de Ben, héritier de la grande famille Fitzmaurice et tous deux lient une amitié indéfectible. Leur adolescence est aujourd’hui loin derrière eux. Martin s’est creusé une petite réputation dans la critique d’art et vit auprès de Lucy, rencontrée pendant ses années de journalisme. Ben, lui, représente tout ce que le charme, la naissance et l’argent peuvent offrir à un homme. Marié à la sublime Serena, il s’apprête à épouser une carrière prometteuse en politique. Ce soir, ce dernier fête ses quarante ans parmi tous ceux qui comptent en Grande-Bretagne. Martin, l’ami fidèle de toujours, est aussi de la fête. Mais le lendemain, Martin se retrouve au poste de police, aux prises avec un interrogatoire minutieux. Un événement grave s’est produit la veille… et il n’est peut-être pas étranger à cette amitié d’enfance fusionnelle.

Ah les mondanités, les faux-semblants et les histoires tordues à la sauce british, j’en reprendrais bien à tous les repas, pas vous ? Surtout au sein d’un roman si bien ficelé avec ce qu’il faut de souffle romanesque pour vous donner des envies de nuit blanche…

Le roman s’ouvre sur une salle d’interrogatoire. Martin Gilmour, invité à l’anniversaire de son meilleur ami Ben Fitzmaurice, doit répondre à quelques questions après une fête dont on ne sait pas grand chose, sinon qu’elle n’a pas dû se finir sous les meilleurs auspices, vu la situation présente… C’est dans la tête de ce personnage si particulier qu’Elizabeth Day nous plongera principalement tout au long d’un récit entrecoupé d’extraits de journaux, de Lucy, sa compagne, internée en hôpital psychiatrique. (Vraiment, je vous assure, cette soirée c’était paaaas…) Martin qui ne vit que pour et par Ben le magnifique, dans une relecture séduisante de Mr Ripley, tant et si bien qu’il en vient à être surnommé « Petite Ombre » à l’école. A travers les souvenirs de Martin, c’est toute la construction de cette amitié trouble qui se déploie sous nos yeux, de l’obsession à l’interdépendance, des désirs inassouvis aux blessures qu’on entasse comme autant de preuves à charge…

Alors bien sûr, il y a ce mystère qui plane autour de cette fameuse soirée… L’autrice en dévoile le déroulement au compte-goutte et le final explose comme dans les meilleurs thrillers. Mais l’essentiel de ce très beau roman réside dans la relation qu’entretient Martin avec ses rares proches. Ben le premier, l’addiction, la source de tous ses bonheurs et de tous ses maux. Mais aussi les Fitzmaurice, cette famille de substitution en laquelle il a placé tous ses espoirs. Et puis Lucy, personnage tellement touchant, qui mettra du temps à comprendre ce qui se joue sans elle…

Ce roman si bien écrit (et traduit par Maxime Berrée !) trouve toute sa force dans des personnages qu’on ne pourra jamais aimer ou comprendre tout à fait, mais qui deviennent impossible à lâcher en quelques pages… Sous les apparences parfaites, il y a les privilèges qu’on a donné et qu’on peut reprendre en un claquement de doigt ainsi que les secrets qui ne tiennent qu’à condition d’être bien certain de ceux qui les partagent… C’est l’idée cruelle de ce livre.

 

Elizabeth Day, L’Invitation, Belfond

6 réflexions sur “PO

    • Je dis ça dans le sens où ce n’est pas un roman qui joue sur notre empathie, mais plutot sur l’intéret qu’on va trouver à des personnages très bien construits. Plus ça va, plus ce sont les romans qui me plaisent perso. 😉

      J'aime

  1. Haaaaaan mais c’est tellement pour moi ça ! Viens là petit bouquin appétissant, viens dans mes braaas !
    Nan sérieux, quand j’avais vu sur Insta que tu commençais à le lire, j’attendais avec fébrilité ton avis et là je suis pas déçue. Ça va être dure, je sens, de résister à l’acheter car c’est typiquement le genre de bouquin qui pourrait me faire plaize pendant mes vacances !

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: C’est le premier, j’balance tout #19 et #20

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