« Va où tu peux, meurs où tu dois. »

Voilà, comme ça, je vous l’aurais souhaité absolument partout : JOYEUX HALLOWEEN ! *emoji citrouille creusée* C’est ma façon à moi de contrer l’odieuse entreprise de sape de ma fête préférée à coup d’installations de décos de Noël le 15 octobre. (Et en plus j’aime beaucoup Noël, mais c’est pas tout de suite, alors CALMEZVOUS.) Hm. V’nez, on parle de loup-garous, ça va nous détendre. *emoji petite tasse de thé*

Jake Marlowe est né en 1842, ou plutôt né une seconde fois, puisque c’est cette année-là qu’une morsure bestiale a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui… un loup-garou, le dernier de son espèce. Fort de ses innombrables crimes, conséquences aussi funestes qu’intrinsèques à sa nature, et du poids des longues années, Jake n’a plus envie de vivre. Aussi est-il prêt à se laisser attraper par les chasseurs de l’OMPPO, une puissante organisation de chasseurs de créatures occultes qui se taperaient bien la tête du dernier loup-garou au-dessus de la cheminée. Mais il suffira d’un instant, d’une intensité folle, pour que tous les plans suicidaires du loup soient balayés…

Bonheur, joie, délice absolu de retrouver la plume de Glen Duncan qui me prouve encore une fois après Moi, Lucifer, qu’il est juste imbattable lorsqu’il s’agit de nous offrir le regard que portent les êtres anciens et supérieurs sur le monde à la première personne. Qu’il nous parle du diable ou d’un homme qui se change en bête à chaque pleine lune, ses romans sont avant tout de sombres questionnements métaphysiques, des introspections mélancoliques et encore tout un tas d’expressions compliquées finissant par -ique.

L’auteur nous catapulte en plein Londres, auprès d’un Jake Marlowe ultra-surveillé par une armada d’espions appartenant à la ligue des chasseurs. S’il a passé l’essentiel de son existence à les fuir, aujourd’hui, le loup se balade presque tranquille en ville, puisqu’il a rendez-vous avec leur chef, un rendez-vous dont il sait déjà qu’il ne ressortira pas vivant. Ces quelques journées en suspens avant l’inéluctable, Jake les consume auprès de mortels, entre les prières d’un vieil ami infiltré dans l’OMPPO qui refuse de le voir mourir et les heures voluptueuses en compagnie de Madeline, une prostituée qui se plie volontiers à ses petits caprices.

Ca, c’est la première partie, celle qui a ennuyée quelques lectrices/lecteurs au regard de certaines chroniques que j’ai pu voir passer. MOI ? C’EST LA PARTIE QUE J’AI PREFEREE.

Certes, il ne se passe pas grand-chose, sinon cette surveillance étroite qu’on voit peu à peu se refermer sur Jake, mais Glen Duncan y réinvente totalement le mythe du loup-garou, créature ultra sensuelle, hypersexualisée et violente sous sa plume. Les longues conversations sur l’oreiller avec Maddy révèlent tout de son histoire, du drame amoureux fondateur de son existence, de l’instinct qui prime sur tout. Jake a tout de la créature romantique mélancolique et désabusée et d’un autre côté, on ne tardera pas à discerner le « pure evil » sous le poil.

Et pourquoi est-ce que Rosy se passe aisément d’action (qui en plus, ne démarre pas si tardivement pour une seconde partie beaucoup plus musclée) ? Parce que c’est si bien écrit/traduit mes aïeux. Bravo à Michelle Charrier.

Amateurs d’écriture trash qui ne vous épargnent rien, dans le sang ou le sexe, d’humour noir et d’envolées lyriques… vous allez être comblés comme jaja.

Au début, j’m’emmerdais à glisser des petits papiers pour marquer les pages où je trouvais des citations et des passages mémorables. Je suis vite passée au CORNAGE (pas taper) de pages par souci de non-déforestation.

Un passage pour lequel j’ai un faible parmi mille :

« Un vampire a écrit : « La grand asymétrie entre immortels et loup-garous (si l’on oublie l’évidente symétrie esthétique), c’est que la transformation élève le vampire, mais rabaisse le loup-garou. Devenir un vampire signifie gagner en subtilité d’esprit, en raffinement; le moi ouvre la porte de son meublé miteux sur de vastes palais. La personnalité se développe, indéfiniment. Le vampire reçoit en partage l’immortalité, une force physique immense, des capacités d’hypnotiseur, le pouvoir de voler, la grandeur psychologique et la profondeur émotionnelle. Le loup-garou, la dyxlexie et une érection permanente. On peut difficilement comparer… » Verbiage qu’on peut résumer comme suit : Les loup-garous ont une vie sexuelle, pas nous. »

Il y a des moments d’une intensité folle, notamment celui de la fameuse rencontre que va faire Jake, l’instant qui fait basculer toute l’intrigue. Je n’en dirai rien, à part que ça se passe sur le quai d’une gare et que c’est assez fou. Moi, bizarrement, c’est presque après ça que j’ai été un chouïa moins emportée.

Il faut savoir que ce roman est le premier tome d’une trilogie dont tous les tomes sont déjà parus, mais il peut presque se lire indépendamment. Après, il est difficile de ne pas en vouloir plus et je vous rassure, les deux prochains sont déjà notés dans la wishlist d’urgence. C’est mon conseil d’Halloween, dans le genre sulfureux (ça mange des mecs et ça baise beaucoup, je vous le cache pas) et parce que c’est tellement bon de trouver une plume de dingue…

 

Pumpkin Autumn Challenge : 9/12

 

Glen Duncan, Le Dernier loup-garou, Folio SF

2 réflexions sur “« Va où tu peux, meurs où tu dois. »

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