« Et le monde est devenu blanc. »

Aujourd’hui c’est mega promo, un acheté, un offert puisque j’ai lu les deux premiers tomes des Chroniques de St Mary de Jodi Taylor à suivre.

Exit donc les « Mais c’est qui lui déjà ? » et autres « Je me rappelle plus un broc de ce qui s’est passé dans le 1 » et franchement… CA FAIT DU BIEN. Je remercie Babelio et les éditions HC pour cette masse critique qui m’a permis d’entrer dans l’univers complètement barré de St Mary. Allergiques aux weirdos, s’abstenir.

Madeleine Maxwell (oubliez tout de suite ce nom pour « Max ») est une brillante historienne tout juste diplômée sur le point de passer un entretien pour intégrer le prestigieux centre de recherche historique St Mary. Ce qu’elle va découvrir dès le premier jour, c’est qu’à l’ombre de ces murs, on a percé le secret du voyage dans le temps. Au lieu de se contenter de disséquer de vieux bouquins poussiéreux, les équipes de St Mary se rendent directement sur place pour vérifier de leurs propres yeux la véracité de nos connaissances historiques. Max s’apprête à voyager d’époques en époques, entre dinosaures et tranchées de la Première Guerre Mondiale avec pour seule consigne de ne jamais, ô grand jamais perturber le continuum temporel, sous peine d’être violemment fracassée par une Histoire jalouse de sa propre cohérence. Mais dans l’ombre, il semblerait que certaines âmes mal intentionnées aient trouvé quelques failles…

 

Y a de quoi baver d’envie devant cette promesse de MEGA AVENTURE… avouez !

Moi quand j’ai lu « Crétacé » sur la quatrième de couv’.

L’esprit de cette saga, c’est ça : du voyage dans le temps et du vrai divertissement en barres. Entre le premier et le second tome, on passe du temps des dinos à Jack L’Eventreur, de l’incendie de la Grande Bibliothèque d’Alexandrie au règne de Marie Stuart et j’en passe et des meilleurs. C’est suffisamment documenté pour être immersif même si on reste dans le lightounet et on se frotte les mains d’avance à chaque annonce de nouvelle mission de ces déglingos de St Mary.

Parlons d’eux tiens. Parce que TOUS les personnages en tiennent une sacrée couche et si vous n’adhérez pas aux atmosphères doucement fêlées, vous risquez de passer à côté. Pour vous donner une idée de l’ambiance et de la patte Jodi Taylor, c’est un peu comme si on avait donné carte blanche à Dumby (pas celui qui combat Voldemort, plutôt celui qui s’intéresse au crochet et qui a une cicatrice en forme du plan du métro de Londres au dessus du genou ONATROPTENDANCEALOUBLIER) pour gérer tout ça.

Au sein de ce bâtiment vieux comme les chemins et qui a tendance à tomber un peu en ruines, le directeur, les historiens qui vont sur le terrain, les techniciens qui gèrent les capsules de voyages, les scientifiques, les bibliothécaires, les médecins, les personnels de cantine : TOUS ONT UN GRAIN à leur façon. A commencer par Max qui s’adapte aussitôt à ce nouvel environnement. J’ai même été carrément WTFée devant sa non-surprise face à « Coucou on a inventé le voyage dans le temps ». (Ca, c’est la première incohérence, même si on apprend plus tard que c’est un trait de caractère du personnage -> plus la situation est abracadabrante, moins elle panique.)

Ce qui est génial là-dedans, c’est que c’est très drôle du coup. Comptez un ratio d’une vanne toutes les dix lignes (certaines répliques valent de l’or). Une fois que j’ai apprivoisée cette ambiance pour le moins farfelue, je m’y suis énormément attachée.

Mais le revers de tout ça, c’est que la profondeur des personnages avoisine le zéro. A part quelques traits de caractère et des réponses sociales chelous, tous nos chers amis restent assez vides. C’est pas forcément un problème dans ce contexte précis (on est trop occupés à se marrer comme des truffes) mais faudrait quand même pas oublier de le noter quoi.

Le premier tome compte un nombre non négligeable d’incohérences temporelles (je parle même pas de voyage dans le temps mais bien de gestion de la temporalité dans le déroulement des événements) et de ton : à un moment, sans crier gare, Jodi Taylor nous balance une scène de sexe ultra explicite sur deux pages. Comprenez bien, moi je suis pas contre, bien au contraire, mais disons qu’on n’est pas préparés du tout et que ce style « culbute-moi sauvagement » n’apparaitra plus par la suite. (Je n’ai lu que deux tomes, mais tout de même !)

Ces petites bizarreries (qui viennent du texte/de la traduction ?) m’ont un peu refroidies quand est venu le temps de me pencher sur D’Echo en échos, le second tome, même si le plaisir était là. Et ô bonheur, je dois dire que ça s’arrange grandement à mon humble avis. En plus on ouvre les hostilités avec les meurtres de Whitechapel, alors y a de quoi frétiller.

Alliant SF et fantastique, épisodes historiques savoureux et intrigue filante à base de bad guys vs St Mary, ce début de saga a clairement des défauts, on va pas se mentir, mais y a un je-ne-sais-quoi de teeeeellement attachant et je suis siiiiii faible quand on fait intervenir le Dieu Humour…

 

Jodi Taylor, Les Chroniques de St Mary, Tome 1 et 2, HC éditions

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