Le carrousel dans la forêt

Hallelujah : elle poste ! Cette fin d’année n’aura pas été très funky sur le blog, je le reconnais, mais j’ai été prise d’un petit blues livresque en décembre. Au-delà des fêtes qui m’ont un peu accaparées, j’ai eu beaucoup de mal à me poser pour lire, pas envie de faire d’efforts, pas foutue capable d’entrer dans la moindre histoire… Ca vous arrive à vous ? Du coup, j’ai préféré reposer le livre dont je vais vous parler aujourd’hui et je ne l’ai vraiment repris qu’hier, parce que j’avais envie de lui rendre justice et de lui éviter de sombrer dans les méandres de mon « Je suis sure que ce sera nul parce que je l’ai décidé arbitrairement. » Résultat, j’ai lu jusqu’au bout de la night et le pep’s est revenu comme par magie ! Comme quoi, faut toujours s’écouter et jamais se forcer en matière de lecture…

BON ET SINON DE QUOI QU’ELLE VA NOUS CAUSER EN VRAI ENTRE DEUX JEREMIADES ?

Et bien on va parler d’un contempo young-adult, mon tout premier je crois chez Lumen, qui est habituellement ma maison d’édition référence en matière d’imaginaire jeunesse. Il s’agit de Never Again de Sarah Dessen et je remercie encore Emily et Lumen pour cette jolie découverte !

Dans la famille Stanford, tout a toujours tourné autour de Peyton, l’aîné. C’est comme ça. Avant, il éclipsait tout le monde par son charisme, sa beauté et son audace. A présent qu’il est en prison pour avoir renversé un ado alors qu’il roulait en état d’ivresse, rien n’a changé. Entre l’atmosphère éternellement pesante à la maison, les appels du pénitencier attendus comme des miracles et les obsessions maternelles, il n’y en a toujours que pour lui. Sydney, sa soeur, a appris à vivre une existence tranquille dans son ombre. Mais depuis la tragédie, sa résignation s’est peu à peu muée en colère. Pourquoi est-elle la seule à porter le poids de la culpabilité de l’acte de son frère, la seule à penser à David Ibarra, l’ado désormais condamné à vivre en fauteuil roulant ? Elle l’ignore encore, mais changer de lycée va totalement chambouler son horizon. En se faisant de nouveaux amis, la jeune fille entraperçoit enfin un futur possible différent, rien qu’à elle.

Pour le coup, on est dans du vrai young adult. Le style est tout à fait simple et accessible mais j’ai trouvé ce roman particulièrement subtil. La culpabilité, le pardon et l’absence de communication sont au coeur de cette histoire au rythme assez lent, qui, s’il ne plaira pas à tout le monde, fait la part belle à la psychologie des personnages, Sydney en tête.

On suit une ado plutôt effacée, qui s’est littéralement construite en opposition avec son frère. Lorsque le récit commence, Peyton est déjà en prison, mais il semble être presque plus présent qu’elle dans le foyer familial. Le grand drame de Sydney, c’est qu’elle est certaine qu’on ne la voit pas. Et c’est précisément ce qui va changer lorsqu’elle pousse par hasard la porte d’une pizzeria après les cours pour y faire la rencontre des Chatham, une famille aussi barrée que chaleureuse.

C’est bien connu, la pizza, ça rapproche.

Alors non, Sarah Dessen n’enchaine pas les rebondissements, ne comptez pas non plus sur elle pour nous livrer une rebellion adolescente qui tâche. Tout est histoire de non-dits. J’ai beaucoup aimé cette phrase qui résume presque tout et qui constitue un joli point de basculement dans la dernière partie du roman :  « Tant qu’on n’en parle pas, ça n’existe pas. » Rien de plus vrai.

Never again est avant tout une histoire d’amitié, de celles qui bouleversent tout et qui révèlent les âmes les plus secrètes. L’autrice a saisi avec beaucoup de finesse la complicité de ce groupe, son esprit adolescent. Peu importe qu’on s’identifie directement à Sydney ou non, j’en suis venue à prendre personnellement les tuiles qui lui tombaient dessus (Sa mère… Non mais sa mère…) et je pense que c’est la marque d’un roman de qualité.

Certes, il y a des petites longueurs. Sarah Dessen tisse des fils ultra intéressants qu’elle reprend un ou deux chapitres plus tard et j’avais parfois l’impression de vouloir passer vite vite vite ce qu’il y avait entre. Mais au-delà de ça, je suis ravie d’avoir attendu le bon moment pour cette lecture parce qu’elle en valait largement la peine !

 

Sarah Dessen, Never Again, Lumen

4 réflexions sur “Le carrousel dans la forêt

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