Des femmes et des chouettes

Il y a des périodes comme ça où l’on ne manque pas d’envie de lire mais où le cerveau crie « Netflix » dès qu’on a un moment de libre. Nouveau boulot, nouveau rythme, il m’a fallu un peu de temps pour entrer dans le roman dont je vais vous parler aujourd’hui. Pourtant, à l’instar de ma camarade et copilote de lecture commune Charmant Petit Monstre, j’ai littéralement fondu pour Robin MacArthur et ses Femmes Heart Spring Mountain. De la grande et belle littérature américaine comme on en voudrait tous les jours… Merci à Léa, au Picabo River Book Club ainsi qu’aux éditions Albin Michel pour ce HUGE coup de coeur.

Nous sommes en 2011, à la Nouvelle-Orléans. Au bar où elle travaille comme serveuse, Vale suit à la télé les dégâts provoqués par l’ouragan Irene dans le Vermont, la région où elle est née. Sa tante Deb l’appelle pour lui annoncer que sa mère, Bonnie, est portée disparue. Aussitôt, Vale entreprend le voyage pour Heart Spring Mountain, le premier depuis qu’elle a quitté la maison il y a des années déjà. En cherchant sa mère, c’est sur les traces de toutes les femmes de sa lignée qu’elle va se lancer malgré elle. Des femmes fortes, indépendantes et brisées par des secrets trop longtemps étouffés…

Les femmes de Heart Spring Mountain, comme l’indique son titre, est un roman à plusieurs voix, celles des femmes qui sont l’âme de cette terre à l’écart du monde. Il y a Deb, l’ex-hippie qui cultivait son idéalisme dans une petite communauté autonome un chouïa crève-la-dalle à l’époque. Il y a Hazel, demeurée seule dans sa ferme, et qui, à un âge très avancé, ne sait plus bien faire la différence entre ce qui est et ce qui n’est plus. Il y avait Lena, cette femme mythique, éternellement accompagnée de sa chouette borgne dans les années 50, qui semble encore habiter la cabane là-haut dans les montagnes. Et puis il y a Vale qui croit haïr ce trou qu’elle a fui, Vale qui porte un peu de toutes ces femmes en elle et qui va les réunir (réellement et métaphoriquement) une toute dernière fois, alors qu’elle cherche désespérément à retrouver Bonnie, cette mère toxicomane insaisissable.

Alors voilà… Comment vous dire que Robin MacArthur maitrise le skill « Personnages » comme personne ? Oscillant entre les époques, ce roman tisse lentement et subtilement les fils qui lient toutes ces femmes. Elles ont toutes leur voix propre, leurs espoirs, leurs doutes, leurs désirs, leurs regrets et leurs secrets déchirants et j’avoue que ça a été un véritable crève-coeur de les quitter. Il y a des hommes aussi dans cette histoire, des amants, des fils, des absents, mais c’est un peu comme s’ils appartenaient naturellement au doux décor de ces femmes flamboyantes.

A travers elles on découvre l’histoire de cette nature sauvage et magnifique. Avis aux amatrices et amateurs de nature writing, Heart Spring Mountain est un diamant brut. Quand Lena (mon personnages préféré, crush immédiat) se lève le matin et contemple la beauté de son paysage avec sa chouette sur l’épaule, on s’imagine juste à ses côtés. Et c’est la sensation délicieuse que je garde de cette lecture. Il y a les révélations, les secrets, la puissance de l’intrigue et l’écriture juste impeccable, sans fioriture, c’est clair. Mais cette langueur, ce temps qui ralentit, cette nature enveloppante et ce huis-clos féminin apaisant… C’est un moment tout particulier qui me restera je crois.

Robin MacArthur, Les femmes de Heart Spring Mountain, Albin Michel

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4 réflexions sur “Des femmes et des chouettes

  1. Pingback: Voir, c’est croire. | prettyrosemary

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