« Les gentils, dans cette histoire, il n’y en a pas. »

J’ai décidé de profiter de ce petit dimanche matin des familles pour vous donner enfin mon avis sur le premier tome de Vicious de V.E. Schwab qui était un peu LA sortie young-adult ultime de février. Alors ai-je aimé ou pas ? Suis-je team Eli ou team Victor ? (Je vais partir du principe que pour vous, le suspense est absolument insoutenable, sinon la voix de bande-annonce américaine dans ma tête risque de se vexer.) Je remercie encore les éditions Lumen et Emily pour cette nouvelle découverte !

Victor et Eli ont beau être l’exact opposé de l’autre, ils sont littéralement inséparables à la fac de médecine. Même chambre, mêmes résultats brillants, même crush et surtout même intérêt pour un sujet d’étude très particulier : les EO, ou ExtraOrdinaires. Quand Eli découvre qu’après une expérience de mort imminente, des hommes et des femmes seraient susceptibles de développer des pouvoirs surhumains, la tentation de passer de la théorie à la pratique est trop forte pour nos deux amis… Mais le petit jeu tourne au désastre et les ombres qu’on n’entrevoyait qu’à peine ne demandent plus qu’à s’échapper.

Je fais partie de ces lectrices et lecteurs qui n’avaient encore jamais goûté à la plume de V.E. Schwab et à sa saga Shades of magic, mais je crois avoir deviné ce qui plait autant dans l’univers de cette autrice. D’emblée, avec cette scène d’ouverture au cimetière, le game est posé : une véritable intrigue young-adult mature (et pas un simple roman ado déguisé), un style à la hauteur et surtout… des personnages pour lesquels il va être TRES difficile de prendre parti.

Dans ce roman qui oscille perpétuellement entre passé et présent, nous allons donc faire la connaissance de deux joyeux drilles (irony inside) : Eli, le brun, la beauté fatale aux sourires Colgate, le petit génie aussi… et Victor, le blond-Malefoy, tout aussi doué mais accaparé par d’étranges hobbies comme celui qui consiste à vandaliser les livres de la bibliothèque à coup de marqueur pour ne plus faire apparaitre que des messages à son image, sombres et insolents. J’ai tout de suite été emportée par la relation que l’autrice déploie entre ces deux-là, entre amitié, fascination morbide et un-je-ne-sais-quoi de plus fort encore. Alors vous allez dire que c’est moi qui vois du queer partout, mais franchement, il y a quelque chose…

C’est la volonté d’Eli de se lancer dans des recherches sur l’existence controversée d’êtres aux pouvoir extraordinaires qui va tout faire basculer. A partir du moment où il tombe sur une sérieuse piste de naissance d’un EO, l’expérience de mort imminente, l’idée du suicide contrôlé pour la science se meut en obsession pour les deux apprentis sorciers. Une ou plusieurs tentatives qui vont laisser des séquelles irréparables…

Quant à savoir ce qui a mené Victor, dix ans plus tard, à s’évader de prison avec un unique objectif en tête : retrouver Eli ?… V.E. Schwab ménage le suspense grâce à ces fameux bonds dans le temps et aux changements de narrateurs. Je comprends donc le choix de la construction mais c’est quand même le petit bémol que je poserai là, parce que c’est aussi parfois un peu brouillon et source de longueurs.

Reste que le le gros, le grand, l’immense (stop) point fort de ce roman, c’est effectivement la dynamique créée par l’autrice entre les personnages. Entre Eli et Victor, bien sûr, mais aussi avec des personnages secondaires atypiques et motivés par des raisons au moins aussi troubles que nos deux protagonistes. « Les gentils, dans cette histoire, il n’y en a pas. », c’est un peu le mantra de ce roman, mais « Les méchants, dans cette histoire, il n’y en a pas. » pourrait tout aussi bien fonctionner en fait… Je me suis rendue compte que j’avais naturellement plus d’empathie pour l’un des personnages (je vous dirai pas lequel, la voix de bande-annonce a éhontément menti en vous annonçant que j’allais le révéler, mais c’est pour la bonne cause, ça vous spoilerait presque dans le contexte) et puis avec le recul… j’ai réalisé que le coco avait son lot de responsabilité dans l’affaire aussi. Et c’est tout l’enjeu de ce roman, cet espèce de brouillard autour des motivations réelles des personnages.

Un très chouette premier tome donc, même si je n’ai pas eu le coup de coeur partagé par beaucoup. Et en attendant la suite, on va encore s’extasier un peu sur cette couverture qui défie toutes les lois de la beautey hein.

V.E. Schwab, Vicious, tome 1 Evil, Lumen

4 réflexions sur “« Les gentils, dans cette histoire, il n’y en a pas. »

  1. Je me souviens que vaguement de ma lecture VO du roman du coup je suis pas sûre de mon ressenti mais je me souviens que ce sont justement les personnages (parfaitement imbuvables pour ma part) qui m’ont vite freinée, tandis que la narration, comme tu l’as justement fait remarquer, me perdait un peu complètement par moment. Bref, je ne repousse pas l’idée d’aller le relire en VF, peut-être avec les subtilités que j’ai loupées, je rentrerai plus facilement dedans.

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    • Ben j’ai justement plutôt aimé le fait que ça ne joue pas sur l’empathie qu’on a pour les personnages avec qui on a vraiment pas envie de faire copain-copain mais je comprends que ca puisse freiner. Et ouais, la narration je ne suis pas fan, c’est clairement ce qui me coupait mon rythme de lecture.

      Aimé par 1 personne

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