« All you need is love »

Rosy vient de terminer un bon bouquin et s’apprête à en dévorer un autre (les dimanches, c’est à ça que ça sert !) mais elle aimerait quand même faire une pausinette (c’est comme une pause, mais en plus petit) pour vous parler d’un roman très étrange et très beau qu’elle a lu récemment. Il s’agit de L’Envol d’Alia Cardyn, paru le mois dernier chez les éditions Charleston que je remercie fromthebottomofmyheart.

Black est un véritable paradis de bord de mer, une petite ville où tous se connaissent, s’apprécient, et surtout se retrouvent chaque 27 juillet dans la magnifique propriété de Barnabé Quills pour célébrer leur bonheur. Mais ce 27 juillet 2014, alors qu’ils sont plus d’une centaine à profiter de la somptueuse vue sur l’océan et du feu d’artifice lors de la traditionnelle fête, la jeune Théa Vogue s’élance et saute brutalement de la falaise sous leurs yeux.

Parfois, on referme des romans avec le souvenir brulant d’un personnage, d’une intrigue ou d’une scène saisissante. Ce que L’Envol m’a laissé, ce sont des sensations beaucoup plus floues mais toutes aussi fortes, un peu comme si j’avais écouté un album bien planant de Air, et ça, c’est lié à l’atmosphère très particulière de ce roman. A cette heure-ci, je ne sais même pas si je vais réussir à vous communiquer ce feeling, mais essayons et advienne-que-pourra (ou voudra) !

Je vous parle d’atmosphère très particulière parce qu’Alia Cardyn nous emmène à Black, avec ses plages de sable fin et ses falaises impressionnantes, son taux de chômage et d’insécurité avoisinant le zéro et un pourcentage de bonheur apparent jamais atteint, même à Disneyland. Dans mon mind palace, il n’y avait que des images de villas sublimées par les couchers de soleil, de belles robes et de personnes à l’esthétique irréprochable, comme si l’ensemble avait été préalablement filtré sur Insta… C’est en cela que le décor de ce roman m’a tout de suite semblé ultra surréaliste, et perso j’ai adhéré à fond. En particulier parce que cet écrin hors du temps et de la réalité sert une histoire on-ne-peut-plus universelle sur le manque d’amour.

Ce suicide brutal, au beau milieu d’une célébration quasi rituelle à Black, choque tout le monde naturellement, autant pour sa violence que pour son caractère improbable. Que pouvait-il bien manquer à cette jeune femme dans un endroit aussi merveilleux ? L’autrice, en alternant extraits de journaux et récits des précédentes célébrations de 27 juillet, va nous donner  accès aux véritables failles des personnages liés, de près ou de loin, à la jeune Théa.

En plus d’un retournement de situation final digne des meilleurs romans à suspense, Alia Cardyn nous livre un roman extrêmement juste sur l’expression ou la non-expression des sentiments, sur l’abandon et l’incapacité à s’en remettre. J’avais déjà été très touchée par son précédent roman, Le Choix d’une vie, mais, et c’est tout à fait personnel (et il est aussi possible que ma mémoire se foute de moi), je n’avais pas le souvenir d’une aussi belle plume. Alia Cardyn a un style tellement intimiste, délicat, au service de l’introspection de ses personnages… J’ai vraiment été bluffée.

Cette écriture, combinée à cette ambiance et cette exploration des sentiments produisent un roman unique qui m’a laissée un peu flottante, comme si je m’étais perdue à Black moi aussi, hors du temps et de l’espace… Et spoiler alert, c’est très agréable.

Alia Cardyn, L’Envol, Charleston

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