« It’s the soul that needs surgery »

Il y a des maisons d’édition qui ne nous déçoivent jamais, et en jeunesse, oh gosh Lumen en fait partie. Et pour preuve, aujourd’hui, je vais vous parler d’une petite pépite à base de boulons et de plaques de tôle sortie tout droit du ciboulot de l’inventeur Padraig Kenny, Les Orphelins de métal. Encore merci à Emily et aux éditions Lumen pour cette découverte !

Christopher est l’apprenti d’Absalom, un inventeur sans scrupules uniquement guidé par l’appât du gain. Ses créations, ce sont les plus proches amis de Christopher : des robots, plus ou moins élaborés, souvent montés à la va-vite mais avec un coeur de métal à toute épreuve. Lapoigne, le géant, Manda, la toute petite, Rob le gros robot jamais terminé et Jack et ses articulations qui grincent rêveraient d’être comme lui, un enfant authentique, et ils aiment par-dessus tout l’entendre raconter les bribes de souvenirs qui lui restent de ses parents aujourd’hui disparus. Mais une seule journée va suffire à bouleverser le destin de Chris et lorsqu’il est enlevé par une mystérieuse organisation, ses amis n’ont plus qu’une idée en tête… briser leurs chaines et partir à la recherche de leur ami.

Je ne vais pas pouvoir le cacher très longtemps : j’ai eu un vrai coup de coeur pour Les Orphelins de métal. Ca faisait des luuuustres que je ne m’étais pas plongée dans un roman destiné aux pré-ados et j’avais un peu peur que la magie n’opère plus (ça c’est la vieillerie en moi) ou que je garde trop de distance par rapport à ma lecture mais c’est le genre de livre qui te prouve que quand tu te trouves face à une bonne histoire, ben tu plonges, et pi c’est tout. Parce que tenez-vous bien mes licornes, dans ce roman, Padraig Kenny nous offre du voyage initiatique de qualiteyy et un subtil hommage au Magicien d’Oz qui ravira tous les fans de Dorothy. 

Les inventeurs ont révolutionné le monde depuis qu’ils maitrisent la mécanique des glyphes et qu’ils sont en mesure d’insuffler une conscience (mais pas une âme !) aux machines. Seulement il existe des règles, des règles qu’Absalom, l’inventeur clandestin, contourne bien volontiers. Autant vous dire quand le récit commence, c’est pas jojo : Chris est le seul humain parmi une petite bande de robots construits comme si Absalom avait oublié de lire la notice Ikea. Ils sont tous adorables, foncièrement gentils et dévoués, mais la vie d’esclaves que leur promet Absalom mine chaque jour un peu plus l’enfant. Il ne s’imagine pas un instant que sa propre histoire va les emmener tous, loin, très loin de la bicoque d’Absalom.

Dès les premiers chapitres, Padraig Kenny pose le game : un univers délicieusement steampunk ultra cohérent, à base d’automates cabossés et de lois de la robotique maison. La régalade ultime, c’est que l’auteur a vraiment soigné ses personnages. Je me méfie toujours des bandeaux et autres macarons et autres religieuses-café sur les couv’, mais pour le coup, vous pouvez écouter Eoin Colfer, le papa d’Artemis Fowl, quand il dit que « Jamais robots et automates n’ont eu l’air aussi humains ! ».

(Ouais, je joue éhontément sur la code sensible avec Wall-E)

J’ai aimé ce roman parce que c’est une vraie belle histoire d’amitié, vous l’aurez compris, mais aussi et surtout parce que l’auteur ne fait pas l’impasse sur des concepts philosophiques poussés, sur la condition humaine, la mort et les droits que s’octroient les hommes, en témoigne le traitement très subtil de ses personnages humains et robotiques. C’est un roman jeunesse qui ne s’interdit rien, qui joue sur plusieurs niveaux de lecture, sur les non-dits et les silences pesants lourds de sens, et ça…

Merci Jean-Marc, tu m’ôtes les mots de la bouche.

ET PUIS Y A DU TWIST. DE TYPE HALETANT ET IMPREVISIBLE. Genre dès la première moitié du bouquin, moi j’me suis bien faite avoir. Et ça…

Maintenant ça suffit Jean-Marc.

Dans ce format one-shot, Padraig Kenny dose habilement aventure et réflexion et fait battre notre petit coeur comme jaja pour ses petits et grands robots rafistolés et débordants d’amour.

 

Padraig Kenny, Les Orphelins de métal, Lumen

5 réflexions sur “« It’s the soul that needs surgery »

  1. Je suis en train de le lire de mon côté aussi et c’est un petit bijou de « magie »! J’avais peur comme toi de trouver ça trop enfantin et donc plus fait pour moi mais pour le moment j’adore cet univers et ces personnages !
    J’espère que ce sera un coup de coeur pour moi aussi, en attendant je retourne lire 😛

    Aimé par 1 personne

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