Once upon a time in my forbidden dreams…

Aujourd’hui, c’est le retour de la BD sur le blog et on va causer d’une pépite très Jean-Paul Gautiesque qui a remporté le Fauve Jeunesse au dernier Festival d’Angoulême, RIEN QUE AC : Le Prince et la couturière de Jen Wang ! Je bavais dessus comme Moriarty sur les joyaux de la couronne depuis des lustres, aussi quand cette beauté est passée entre mes mains à la médiathèque, mon sang ne fit qu’un tour et je m’en empârâte séance tenante.

Francès, une petite couturière qui travaille pour deux francs six sous dans un atelier parisien, n’imaginait pas que la robe excentrique créée pour une jeune aristocrate allait à ce point faire tourner toutes les têtes au bal donné pour les seize ans du prince héritier du trône de Belgique… y compris celle d’un mystérieux client qui souhaite l’engager comme couturière personnelle. Et c’est avec surprise qu’elle découvre que c’est pour le prince Sébastien qu’elle va devoir concevoir les plus extravagantes des tenues ou plutôt pour son double flamboyant et lumineux qui prend vie chaque nuit, Lady Crystallia. La jeune fille est l’une des seules à connaitre le secret de celui qui va devenir son meilleur ami, mais comment accomplir son rêve, être enfin reconnue pour son art, quand on doit éternellement rester dans l’ombre ?

Ce roman graphique est un sacré pavé mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’a vraiment pas fait long feu entre mes pattes. D’abord parce que Jen Wang a un très joli coup de crayon, ça explose littéralement de couleurs à chaque page, à l’image des robes incroyables imaginées par Francès et de la personnalité extraordinaire de Lady Crystallia.

Dans cette double quête d’acceptation, Jen Wang met en parallèle le destin de ces deux personnages. Il y a Francès, cette petite couturière de génie au talent gâché par des emplois précaires, jusqu’à sa rencontre avec le prince et Lady Crystallia, pour qui elle va enfin concevoir les robes qu’elle a toujours désiré créer. Sébastien, quant à lui, est sommé de trouver une épouse maintenant qu’il entre dans sa seizième année, mais les seuls moments où il se sent vivant sont ceux qu’il vole la nuit, dans les robes époustouflantes de Francès, quand il est l’icône de mode Lady Crystallia que tout Paris s’arrache. C’est donc dans le secret et l’amitié que ces deux-là grandissent doucement, mais devoir cacher ce qu’ils sont est aussi une terrible malédiction… Comment dire au monde qu’on aime porter de belles robes quand on est un garçon ? Comment faire entendre une voix dissonante dans une société aux codes établis ?

C’est tellement doux, tellement touchant… J’applaudis ce choix des protagonistes adolescents et ce cadre historique qui nous plongent dans un véritable contela magie vient de l’imagination, de l’audace et de la tolérance. Le message est simple, et chacun.e peut y trouver son propre écho.

A lire d’urgence, pour tomber amoureux de ces deux-là à votre tour.

 

Jen Wang, Le Prince et la couturière, Akileos

10 réflexions sur “Once upon a time in my forbidden dreams…

  1. Oh j’avais vu passé brièvement passer cette BD sans avoir pris le temps de noter le titre ! Je suis vraiment contente de la retrouver sur le blog, car l’envie de la lire est toujours aussi présente (et même à augmenter !) Les dessins m’ont l’air superbe, je vais essayer de me la procurer au plus vite. J’aime beaucoup ta plume aussi ! 🙂

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