Les Jours étranges

Et ouais les garslesmeufs, il est l’heure de parler officiellement de ma première lecture du #HMSFFF Challenge pour le mois de juin (d’ailleurs avec mon amour de Charmant Petit Monstre, on n’en peut plus de joie face à votre enthousiasme, vos articles de blogs, vos posts sur les réseaux et j’en passe et des meilleures… ça fait comme de la lambada dans nos coeurs.) ! Et on s’attaque à un SACRÉ MORCEAU pour ouvrir les joyeusetés : l’ami Lovecraft, tout juste découvert par l’honorable noob que je suis.

Le Mythe de Cthulhu est un recueil de six nouvelles du Grand Maitre ès flippance : L’Appel de Cthulhu ou la résurgence d’une entité tentaculaire monstrueuse venue du fond des âges et des espaces, Par delà le mur du sommeil, qui commence dans un hôpital psychiatrique avec les délires nocturnes d’un homme, La Tourbière hantée et son château irlandais très animé la nuit. La Peur qui rôde nous emporte au coeur de montagnes habitées par une présence démoniaque et La Couleur tombée du ciel (ATTENTION LA MERVEILLE DU RECUEIL EST LA VOUS RISQUEZ DE LA MANQUER ALORS J’ECRIS EN MAJUSCULES) relate les jours étranges qui suivirent l’impact d’une météorite dans une ferme reculée. Celui qui chuchotait dans les ténèbres, enfin, évoque une étrange population de monstres crabesques qui, petit à petit, s’éloignent des bois où ils se cachaient pour se rapprocher des hommes comme si c’était la fête des voisins.

Alors qu’est-ce qu’on en a pensé, est-ce qu’on a rejoint la Lovecraft team après avoir refermé le fameux recueil au poulpe ? Et bien OUI et NON.

OUI et mille fois parce que je comprends enfin l’ébahissement général devant le talent pour créer des ambiances et instiller la peur. Dans ce recueil, le schéma est toujours un peu le même : un type extérieur très terre-à-terre « je vois que ce que je crois » est confronté à un phénomène incroyable et flippant venu d’outre-espace ou d’une dimension inconnue et… comment dire que le pronostic vital du narrateur ou de ses petits copains est déjà engagé depuis un bail. Les événements sont souvent abordés de façon indirecte, par le biais de la correspondance, du « on-dit », de documents retrouvés ou simplement de récits du narrateur à posteriori, mais étrangement, l’angoisse en est d’autant plus forte.

L’invisible, les dimensions, les temporalités et les espaces qui échappent à la compréhension des hommes, l’inconnu et la fatalité sont autant de motifs récurrents qui hantent et unifient des nouvelles aux confins du fantastique et de la SF. Si certaines nouvelles comme La Tourbière Hantée ou Par-delà le mur du sommeil m’ont laissée une chouille de marbre, j’ai juste adoré La Couleur tombée du ciel, forcément nouvelle-maman du très perturbant Annihilation de Jeff Vandermeer, une histoire moite, malaisante à souhait et incroyablement maitrisée. Le célèbre Cthulhu n’est pas une déception non plus et cette créature sans âge et monumentale dont la seule vue suffit à rendre cinglé a toute sa place dans ce mois des Monstres et créatures pour le Hold my SFFF !

Ceci est un crossover terrifiant entre L’Appel de Cthulhu et Celui qui chuchotait dans les ténèbres.

Le premier argument qui penche pour le non, en revanche, c’est donc ce recueil que j’ai trouvé un peu inégal, toutes les nouvelles ne m’ont pas transcendée non plus… (après je ne sais pas quand ou comment il a été constitué hein, mais je vous parle du livre que j’ai entre les mains donc…)

Au niveau du style, on ne va pas revenir sur l’atmosphère posée qui est au-top-au-dessus-y-a-le-soleil, mais la pléthore d’adjectifs a parfois eu raison de moi. Le lexique de la peur, c’est bien, mais les moments que j’ai préférés sont ceux où Lovecraft va plutôt à l’économie. Après, c’est affaire de goût et faut remettre le texte dans son époque, perso j’aime la simplicité.

Enfin, y a quand même une info biographique bien gênante qui ma vite sautée aux yeux dès Cthulhu et dans plusieurs nouvelles par la suite… Dès que PAPI parle des étrangers, des gens de couleurs ou tout simplement de tout ce qui sort de la catégorie WASP, ben il a tendance à y aller gaiement dans le vocabulaire de la dégénérescence, de la vilénie et autres joyeusetés.

Alors moi je connaissais pas le bonhomme, mais je trouvais que ça sortait un peu du fameux « Eh, c’était la mentalité de l’époque » déjà bien attaquable. Et j’ai vite vu que le type était ouvertement xénophobe, d’ailleurs un autre motif de son recueil, c’est quand même l’étranger dangereux qui s’immisce dans la vie terrestre.

On est d’accord et je n’ai pas spécialement envie d’entrer dans un débat : faut discerner l’oeuvre de l’auteur, ça ne m’a pas empêchée de relever toutes les qualités décrites plus haut d’ailleurs, mais y pas, ça m’a refroidie…

DONC VOILA. Du génial d’un côté, du « Non merci madame. » de l’autre pour moi. J’ai Démons et merveilles en stock également que je tenterai probablement un de ces quatre.

H.P. Lovecraft, Le Mythe de Cthulhu, J’ai lu

12 réflexions sur “Les Jours étranges

  1. La couleur tombée du ciel est également ma nouvelle préférée de Lovecraft!
    L’appel de Ctulhu fait-il parti de ton édition ? (J’ai pleins de petits livres qui forment un collec’ et je sais pas ce qui en fait partie. (Oui, les éditeurs nous en…e en éditant 1 seul livre en 58, les salauds))
    Parce que j’ai bien aimé (la fin de cette phrase a pris du temps à arriver…Beaucoup trop de parenthèses en une seule phrase. J’espère que tu comprendras ma question x)) L’appel de Ctulhu et je me demandais si tu l’avais lue du coup (rolala mais quel enfer pour m’expliquer ce soir. Je file me coucher! aha)
    Bon, tu restes quand même dans la #Teamtentaculesceylavie ? 😀

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    • J’ai tout compris du premier coup ahah ! Et oui L’Appel de Cthulhu est la première nouvelle de cette édition là et je l’ai bien aimée aussi, je pense a la description du monstre et de la cité enfouie, vraiment chouette ! Mais on est d’accord La Couleur cest notre pref et je reste bien évidemment team Tentacules pour juin, en attendant de me plonger bientôt dans du dragon ! 🐙

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  2. J’avais essayé de lire les nouvelles sans accrocher au roman et puis entre temps j’ai appris la mentalité de l’auteur et tout ce qui se cache derrière son texte. Alors oui, on peut séparer le texte de l’auteur, mais vu que je n’ai que ça en tête et bien cela me bloque pas mal. Ma lecture est biaisée avant même de la commencer, donc bon… Je n’ai plus trop envie de le lire malgré qu’il ait impacté la littérature et la pop culture.

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  3. Je suis tellement influençable que j’ai lu 2 recueils de Lovecraft et j’ai lâché l’affaire. J’adore, c’est génial, l’ambiance est…. bref elle est tellement que j’ai eu la peur de ma vie à dormir (ou pas) la lumière allumée xD Pour la xénophobie, je n’avais pas relevé à l’époque mais ce n’est pas très étonnant^^ »

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  4. Quasiment tout comme toi pour moi avec cette lecture ! Un peu de mal à rentrer dans les premières nouvelles mais un gros changement avec La Couleur tombée du ciel et beaucoup de mal à décrocher des deux dernières nouvelles !
    Pour la xénophobie, malheureusement, j’étais déjà au courant. J’ai essayé d’y aller comme dans un Jules Verne (parce qu’on est dans le même bail, vraiment !) mais ça fait toujours grimacer à la lecture.

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